Gubian : « J’ai à coeur de briller »

Gubian : "J’ai à coeur de briller"


Avec un Alexandre Ferrer qui lui dispute le titre en championnat de France et un début de mondial pas meilleur que l’an passé, Loris Gubian attend le second souffle. Avant le rendez-vous de Saint-Jean de Maurienne ce week-end où il espère un coup d’éclat, Loris nous dresse un bilan de son début de saison…

Moto Verte : Tu sembles éprouver des difficultés à passer le cap du top huit en mondial, l’Écosse n’a pas été une réussite, comment expliques-tu ce “coup de frein” dans ta progression ?
Loris Gubian : "J’ai très mal roulé en Écosse, il y avait beaucoup de ruisseaux et là-dedans je ne suis pas à l’aise du tout. J’ai un peu mieux roulé le deuxième jour au premier tour, sauf que je me suis refait mal au genou. Après j’ai pointé toutes les zones du deuxième tour c’est pourquoi j’ai fait 71 points. Dans ce type de zones, pour en avoir parlé avec Bruno Camozzi, je n’étais pas à l’aise du tout, même lui savait que je n’allais malheureusement pas très bien rouler. Des zones comme ça on en voit presque jamais chez nous. Tous ces trucs techniques comme ça dans l’eau où l’on ne voit pas nos roues, ça a été vraiment un week-end noir. En Espagne, j’étais très loin parce que les zones étaient vraiment très très dures, je n’aurais pas fait mieux que ma place (NDR : 9e), ça c’est sûr. Je roule super bien au Portugal, malheureusement je fais huit mais à dix points de la cinquième place. J’aurais pu accrocher un Fajardo ou un Dabill, mais je prends deux cinq dans une zone pourtant normalement facile pour moi. Sans ça je pouvais faire six ou cinq les deux jours. Au Japon j’étais à ma place seulement le deuxième jour où je fais neuf, le premier jour, j’ai très mal roulé. Cette année, je ne ferais pas mieux que neuf ou huit encore une fois. Je peux faire un coup d’éclat genre dans les cinq, mais accrocher le top cinq régulièrement ça va être super dur pour moi."

Que te manque-t-il pour te rapprocher des meilleurs ?
"Cela se joue sur le mental, je suis capable d’accrocher des pilotes comme Fajardo mais sur tout un trial, c’est encore très difficile pour moi. Par exemple au Portugal dans le premier tour, j’étais au courant des points, j’étais cinq ou quatre, il y a des coups d’éclat qui arrivent de temps en temps mais les tenir à chaque tour c’est très difficile, c Il y a les meilleurs devant, eux dans les zones faciles ne font pas d’erreurs tandis que nous. Une zone facile pour eux est déjà un peu plus dure pour nous, une zone très dure pour nous est une zone difficile pour eux. Mais ça viendra avec le temps, ce n’est que ma deuxième année en mondial. Je ne peux pas y arriver au bout de deux ans, personne ne l’a fait, que ce soit un Adam (NDR : Raga), à part peut-être un peu Bou, ils ont des années d’expérience en mondial derrière eux. Pour en avoir discuté avec de nombreux pilotes et entre autres Adam, il m’a dit ce n’est que ta deuxième année, ce n’est pas possible que tu arrives et que tu casses tout comme ça. En plus on est confronté directement aux meilleurs, avant dans les années 90 à 99 il y avait plus de pilotes et l’on pouvait grappiller un peu plus de places. Il y a encore un écart entre les tops et nous, c’est dur d’aller les chercher à chaque course et de rentrer dans les cinq, pour moi cette année, ce sera encore difficile. Je ne suis pas allé m’entraîner avec les meilleurs en Espagne, j’en subis peut-être aussi les conséquences maintenant, j’y réfléchis pour les années futures. Mais je tiens à préciser que le mondial est quelque chose de très dur. C’est d’autant plus difficile qu’en championnat de France les zones sont beaucoup plus faciles. Quand on découvre les zones du mondial, on a du mal à y croire, le niveau est tellement élevé. Quand je vois sortir un tour à six points à Valdeblore (NDR : championnat de France), jamais de la vie je fais ça en mondial."

Comment abordes-tu le GP de France ?

"Je me suis fait mal en Angleterre au genou opéré, il y a trois ans. Je suis allé voir mon chirurgien, j’étais inquiet car je croyais que mes ligaments croisés avaient pris. J’ai passé une IRM, en fait il me manque un bout de cartilage et j’ai un gros épanchement de synovie. Je n’ai pas pu rouler de la semaine (NDR : propos recueillis le 02/07), j’ai essayé une heure ce matin et à priori ça a l’air de tenir avec l’attelle. Normalement pour un épanchement de synovie, il faut compter au moins deux semaines de repos, là ce n’est pas possible. Je dois m’entraîner pour le mondial et j’ai la Coupe de France de trial urbain qui débute ce week-end. Mais j’ai vraiment envie de rouler fort, je suis motivé et il est important de faire un bon résultat en France, ça me redonnerait un petit coup de boost car ces derniers temps ce n’était pas tip top au niveau mondial. J’ai à coeur de briller, en tout cas je ferais le maximum."

Apprécies-tu le site de Saint-Michel de Maurienne ?

"Je connais les organisateurs et le site pour y avoir déjà roulé en championnat de France. Cela va être magnifique, en plus, toutes les zones sont regroupées au même endroit, pour l’accès des spectateurs, ce sera vraiment génial. En général les zones me conviennent bien, c’est du gros dénivelé où il faut mettre gaz à fond. Ce sont des types de zone que j’aime bien, pas quand on reste à déplacer pendant mille ans, je devrais bien rouler là-dedans."

Ferrer qui te bouscule en championnat de France, est-ce que tu t’y attendais ?
"Je m’y attendais car il roule désormais à plein temps comme un pro. Cet hiver nous n’avons pas trop roulé en France parce qu’en général les pilotes français ne roulent pas ensemble, on se tire plus dans les pattes qu’autre chose (rires). Pendant les indoor, j’ai remarqué sa progression, autant je n’acceptais pas qu’il soit devant moi les premières courses, autant là au contraire ça me fait du bien, il y a de la bagarre. Justement l’année dernière j’ai eu du mal à gagner parce qu’il n’y avait personne. À Valdeblore, je me suis vraiment mis dedans et je gagne avec quinze points d’avance, surtout le deuxième tour où j’ai vraiment roulé fort. Cela amène un plus au championnat, même pour vous, c’est plus intéressant que de parler toujours du même pilote. Cela relève le niveau et ça apporte du suspens pour le championnat."

Propos recueillis par Yann Guédard.

Ecrire un commentaire