Pour les plus jeunes, le nom de Villars ne signifie peut être pas grand chose. Mais pour plusieurs générations dont la mienne, ce nom évoque de grandissimes souvenirs, du premier GP 500 de 82 dominé par André Malherbe au succès de Stefan Everts dans le GP 250 de cette fabuleuse saison 98 marquée par le duel au sommet avec Sébastien Tortelli. Et entre ces deux GP il reste encore une grosse place dans l’armoire aux souvenirs pour cet historique MX des Nations 88, marqué par la domination des Américains et l’extraordinaire podium de l’Equipe de France composée de JMB, Yannig Kervella et Jacky Vimond.
Une descente mythique
Quand je suis arrivé sur place hier en fin de journée, le premier réflexe a bien sûr été d’aller jeter un œil à la piste pour découvrir le tracé ‘new look’ du circuit. Ce dernier n’a plus grand chose de commun avec l’ancien, si ce n’est cette fameuse grande descente qui a été conservée tant elle est liée à l’histoire de Villars. Tous ceux qui étaient aux Nation 88 se rappellent bien sûr de JMB, Ricky Johnson et consorts se lançant dans cette descente avant de bondir sur les freins pour aborder une courbe à gauche. Le saut a été conservé et même amplifié, puisque les organisateurs ont remonté le plateau supérieur d’environ 5 mètres ! Pour le reste tout à changé, à commencer par la grille de départ qui est située à l’opposé d’un tracé faisant la part belle au spectacle. Toujours parfaitement visible et conçu avec les conseils d’Olivier Robert, l’un des plus célèbres Franc Comptois que les sports mécaniques aient connu, le circuit comporte de nombreux sauts spectaculaires et un dénivelé toujours aussi impressionnant.
Douze mille mètres cubes de terre
Pour en arriver là le club n’a pas lésiné sur les efforts, remuant pas moins de 12000 mètres cubes de terre et de cailloux en l’espace de trois mois. Au gré des aléas météo le travail a été mené bon train, le circuit ayant été terminé il y a tout juste trois semaines ! Le gazon n’a pas eu le temps de pousser entre les pistes, la piste elle même a encore besoin de se tasser en de nombreux endroits mais globalement elle tient plutôt bien en ce début de week-end. Un week-end test pour l’équipe de Claude Masini, qui pourrait accueillir dans les années à venir – et dès l’année prochaine ? – le Grand Prix de France. La présence ce week-end de Jean Pierre Mougin, l’homme qui fut à la base de l’implantation d’un circuit de cross à Villars il y a maintenant une trentaine d’années, n’est sans aucun doute pas innocente !
A Villars, Pascal Haudiquert - Moto Verte
