Timotei, dans quel état d’esprit abordez-tu cette 4e édition de l’Enduropale ?
Timotei Potisek : De façon assez sereine et avec une toute nouvelle Honda CRF 450 R qui commence a être aboutie. Coté pilote, pas de problème également car j’ai pu mener ma préparation à son terme sans ennui physique.
Côté préparation physique quel programme as-tu suivi ?
Ma préparation pour le rendez-vous de l’Enduropale est un travail qui court sur 5 mois environ. Il est simple. C’est environ 3 à 4 entraînements moto par semaine. C’est aussi deux heures de sport par jour. Cela passe par de la musculation, du vélo, de la natation ou encore du footing.
On parle aussi beaucoup de ce rendez-vous comme d’une revanche par rapport à l’arrivée de l’an passé. Est-ce justement la meilleure façon d’aborder ce 4e Enduropale ?
Revanche, oui et non. Revanche par rapport à mes deux dernières participations, oui. Dû au fait que je n’ai pas gagné et que j’en avais les moyens. De ce point de vue, j’ai une revanche à prendre. Ensuite, le côté revanche en référence à l’arrivée de l’an passé, pas vraiment. Depuis, j’ai eu l’occasion de me retrouver en bagarre avec Arnaud Demester sans aucun souci. En revanche, si cette fois je me retrouve dans le même cas de figure, je saurai m’en souvenir. A moi de faire en sorte de ne pas me faire surprendre. Une fois suffit !
Ton programme de course de préparation a-t-il été aussi fourni que l’an passé ?
j’ai participé à plus de courses que l’an passé. L’objectif était bien sûr d’assurer le développement de ma CRF 450. Malheureusement, la réussite n’a pas toujours été au rendez-vous. J’ai gagné à Loon-Plage et à Fort-Mahon, par exemple. Mais, sur certaines courses, j’ai du abandonner.
Tu vas utiliser la nouvelle CRF 450 à injection qui a été entièrement revue. Tu t'es rapidement senti à l’aise sur cette moto ?
Mon principal travail a été de comprendre et d’assimiler la mise au point de l’injection qui modifie pas mal le caractère moteur. Globalement, la CRF 450 2009 est une moto bien née. Elle présente l’avantage, grâce à l’injection, d’avoir un potentiel de développement bien supérieur aux précédents modèles.
Quelles sont les évolutions que tu as apportées à cette nouvelle 450 ?
En fait, rien de bien fondamental. Côté partie cycle, on est restés très proches de ce que j’utilisais les années précédentes. Côté moteur, grâce à l’injection, j’ai adapté le caractère moteur à mon style de pilotage. Ce qui est vraiment bien, c’est que l’on peut travailler à la carte.
Côté comportement dynamique, quelles différences as-tu constatées par rapport à l'ancienne Honda ?
En fait, la nouvelle est plus avare en sensation que la précédente. Au début, on a l’impression que la puissance n’est pas là. Mais, lorsque l’on regarde le chrono, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le comportement moteur est plus linéaire. Côté châssis, cette CRF 450 est plus maniable, plus vive, plus légère et plus équilibrée. C’est son point fort.
Outre Thierry Béthys, que tu cotoies depuis plusieurs éditions, cette année tu fais également équipe avec Mickaël Pichon. Comment cela se passe entre-vous ? Est-ce qu’il y a une part de pression supplémentaire du fait de sa présence ?
Je connaissais bien Mickaël avant qu’il nous rejoigne pour le Touquet. Donc, ça se passe super bien entre-nous. On communique beaucoup, ce qui nous permet d’échanger les informations techniques sur le développement de la moto.
Comment juges-tu ses performances. Est-ce qu’il t'as surpris ?
Non. Vous savez, Mickaël est un grand pilote, il a l’expérience et il sait rouler vite. Donc, il n’y a rien de surprenant dans ses résultats. Il s’est bien préparé. Je suis sûr qu’il se mélera à la lutte en tête de la course.
Par rapport à l’an passé, le circuit a été modifié et tu n'as pas souhaité être sollicité pour ces modifications. Que t'inspire le tracé 2009 ?
Le fait de ne pas avoir pris part dans l’élaboration du circuit était voulu. L’an passé, je me suis aperçu que, même lorsque l’on essaye de bien faire, on est de toutes façons critiqué. En plus, comme je suis l’un des favoris de la course, cela prêtait à interprétation. Donc, cette année, David Hauquier, un ancien vainqueur du Touquet sur Honda d’ailleurs, a été l’homme de la situation. Je pense qu’il connait très bien son sujet pour que l’on puisse lui faire confiance.
On parle d’un circuit plus long, mais aussi plus lent. Est-ce que cela va changer ton approche de la course et notamment la gestion des attardés ?
Vous savez, le problème reste le même quelle que soit la configuration du tracé. Les attardés font partie du mythe de la course. Après, pour nous, plus c’est dur mieux c’est. On peut faire la différence de façon plus simple.
Selon toi quelles seront les clés de la réussite sur ce 4e Enduropale ?
Comme d’habitude, ce sera un mélange entre vitesse et constance. Depuis quelques années, j’ai instauré une nouvelle physionomie à la course. Avant, ils avaient un peu tendance à gérer leur course. Maintenant, pour réussir, on sait qu’il faut partir vite et garder le rythme tout au long de la course. Ensuite, il faut rester concentré au maximum. Faire le moins d’erreurs possible.
Le Touquet reste l’un de tes rendez-vous prioritaires pour cette année 2009, mais quel sera ensuite ton programme sportif ?
Je vais attendre la fin du Touquet pour finaliser certaines choses avec mes partenaires. J’aimerais bien m’engager sur des "classiques" d’enduro comme le Trèfle par exemple. Mais, il y a aussi d’autres projets à l’étude… »
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