Grand Prix du Pays de Galles
C'est au Pays de Galles que la caravane du championnat du Monde faisait halte le week-end dernier à l'occasion de la cinquième de ses huit étapes. Llanidloes, à prononcer "Clanidloz", fief gallois de l'enduro outre-manche avait déjà servi d'épreuve support au championnat d'Europe. D'ailleurs les pilotes français qui y avaient déjà roulé n'ont pas manqué de nous informer au sujet des liaisons qui, sous l'effet de la moindre averse, prenaient une allure dantesque. Deux des trois spéciales étaient très similaires à ce que nous rencontrons en France, d'ailleurs les pilotes du paddock parlaient de spéciales à la "française". Il s'agissait de grandes spéciales en herbe avec des portions très sinueuses mais aussi de grandes courbes. D'un genre totalement opposé la spéciale extrême s'apparentait davantage à une spéciale en ligne avec du franchissement naturel avec pour conclure une portion d'une centaine de mètres commençant par deux pierriers et une succession de gros troncs d'arbres. Pour corser le tout l'organisateur avait intégré au tracé un CH serré dont le temps imparti était dégressif au fil des quatre tours. En temps normal je n'aurais pas fait partie des pilotes susceptibles d'appréhender le tracé mais, cette fois-ci, les circonstances étaient exceptionnelles. En effet, quelques jours après mon retour de la Rand'Auvergne j'ai contracté un zona qui m'a anéanti pendant plus de dix jours. Ce virus est si violent que je n'ai pas du tout pu m'entrainer et me préparer, à tel point que cinq jours avant la course je ne savais pas si je pouvais tenir plus qu'un CH. Malgré tout, ma bonne performance du samedi en Pologne m'avait conforté dans l'idée qu'il fallait continuer sur ma lancée et surtout ne rien lâcher. Petit à petit mon état s'est amélioré et, tout en gérant mon physique qui m'avait déjà donné quelques petits signes de faiblesse dès le training du jeudi, j'ai pu finir les deux journées de course. L'objectif était avant tout de ne pas condamner mon championnat en marquant les points que je pourrai, j'étais loin d'imaginer la suite...
Samedi : "Dès la fin du premier tour je sens la fatigue arriver et les trois tours éprouvants qu'il reste m'inquiètent..."
La journée commence par une spéciale en herbe que nous ne ferons que deux fois. Je sais que j'ai une bonne carte à jouer sur ce type de tracé et la pluie qui s'annonce va jouer en ma faveur. Je réalise un bon quatrième temps derrière Christophe NAMBOTIN qui, dès la première spéciale, se présente comme un leader probablement incontournable. Dans la seconde spéciale j'obtiens un deuxième chrono, toujours derrière Christophe. Dès la fin du premier tour je sens la fatigue arriver et les trois tours éprouvants qu'il reste m'inquiètent. Je m'alimente le plus possible et je ménage l'effort en liaison. Le deuxième et le troisième tour sont très dur mais je veux aller au bout de cette première journée. Peut être que demain je ne pourrais même pas reprendre le guidon. Mes temps sont loins de la tête de course mais étrangement l'énergie revient peu à peu et le peu de secondes qui me séparent des premiers sur ces spéciales ne me coûte pas très cher au classement. Je ne descends pas plus loin que la troisième place et finalement Stefan MERRIMAN qui réalise lui aussi une belle journée m'offre sa seconde place sur plateau d'argent en échouant dans la côte de l'extrême. Sans crainte et boosté par ma performance de la journée j'arrive dans l'ultime spéciale de la journée en totale confiance et je réalise le deuxième temps, une seconde derrière Christophe. La journée se termine sur la seconde marche du podium avec beaucoup de bonheur. Christophe a été intouchable et cette place est presque une victoire à mes yeux. La veille encore je n'aurais pas parié un centime sur mes chances de réaliser un podium ! Ce résultat me conforte surtout dans l'idée que j'ai un vrai rôle à jouer dans ce championnat. La configuration de l'épreuve m'a aidé en spéciale cependant le caractère hyper usant des liaisons m'a bien entamé physiquement. Je profite d'une longue nuit de sommeil pour tenter de reprendre de l'énergie pour une seconde journée de course que je compte bien mettre à profit...
Dimanche : "Je crois que c'est une étape très importante dans ma vie de pilote et je veux absolument maintenir ce cap..."
La journée commence par un réveil tranquille sous un ciel bleu qui me met le moral au beau fixe. Après la pluie le beau temps... Même si je suis plus à mon avantage sur le gras j'ai aussi envie de pouvoir rouler autrement que trempé des pieds à la tête. Christophe repart sur des chapeaux de roue mais cette fois-ci notre écart est très faible et, durant le premier tour, nous occupons la tête de course. Les spéciales ont un peu séché et les écarts entre les pilotes qui occupent les avant-postes sont moindres par rapport à la veille. Jusqu'à la quatrième spéciale Christophe et moi constituons le duo de tête franco français devant Marko TARKKALA qui, passé à côté de sa journée la veille, donne tout ce qu'il peut. Dans la cinquième spéciale Christophe chute à plusieurs reprises et je prends commandement de l'épreuve. Il faut tenir bon car Marko TARKKALA n'est pas loin et ses temps dans l'extrême sont très bons. Mon avantage sur lui est évident dans les spéciales en herbe et l'objectif est de résister à ses attaques le plus longtemps possible. Le finlandais est plus rapide dans l'extrême, qui est très physique, et il reprend la tête pour trois centièmes. Il reste la grande spéciale en herbe et pour moi c'est une évidence, je vais gagner la journée. Je ne laisserai pas mon adversaire me battre dans cette spéciale. Je sors avec sept secondes d'avance, la journée est gagnée ! Mes chronos m'ont fait oublier la fatigue et c'est vraiment une grande satisfaction pour moi. En me levant j'avais choisi d'être un acteur de la course et, motivé par ma performance de la veille j'ai fait tout ce que j'ai pu pour être devant. Pendant la course j'étais très détendu et je pense que cela a contribué à ma victoire. J'étais habité par la conviction de pouvoir gagner. Je crois que c'est une étape très importante dans ma vie de pilote et je veux absolument maintenir ce cap. Je pense avoir cerné quelque chose de nouveau que les pilotes qui font figure de leader au championnat possèdent tous consciemment ou inconsciemment. En tous cas je termine cette seconde journée de course sur la première marche du podium et c'est fantastique !
Le bilan de ce week-end est bien entendu très positif et cette performance inespérée me conforte dans mes perspectives. Il faut que je profite de la suite du championnat à Uzerche le week-end prochain pour continuer sur cette lancée. Cette semaine place au grand repos, je tiens à être en forme ce week-end ! J'espère qu'il y aura beaucoup de spectateurs pour venir encourager les français.
Merci à Stéphane pour la qualité de son travail sur ma moto, qui a contribué pleinement à ma réussite.
C'est au Pays de Galles que la caravane du championnat du Monde faisait halte le week-end dernier à l'occasion de la cinquième de ses huit étapes. Llanidloes, à prononcer "Clanidloz", fief gallois de l'enduro outre-manche avait déjà servi d'épreuve support au championnat d'Europe. D'ailleurs les pilotes français qui y avaient déjà roulé n'ont pas manqué de nous informer au sujet des liaisons qui, sous l'effet de la moindre averse, prenaient une allure dantesque. Deux des trois spéciales étaient très similaires à ce que nous rencontrons en France, d'ailleurs les pilotes du paddock parlaient de spéciales à la "française". Il s'agissait de grandes spéciales en herbe avec des portions très sinueuses mais aussi de grandes courbes. D'un genre totalement opposé la spéciale extrême s'apparentait davantage à une spéciale en ligne avec du franchissement naturel avec pour conclure une portion d'une centaine de mètres commençant par deux pierriers et une succession de gros troncs d'arbres. Pour corser le tout l'organisateur avait intégré au tracé un CH serré dont le temps imparti était dégressif au fil des quatre tours. En temps normal je n'aurais pas fait partie des pilotes susceptibles d'appréhender le tracé mais, cette fois-ci, les circonstances étaient exceptionnelles. En effet, quelques jours après mon retour de la Rand'Auvergne j'ai contracté un zona qui m'a anéanti pendant plus de dix jours. Ce virus est si violent que je n'ai pas du tout pu m'entrainer et me préparer, à tel point que cinq jours avant la course je ne savais pas si je pouvais tenir plus qu'un CH. Malgré tout, ma bonne performance du samedi en Pologne m'avait conforté dans l'idée qu'il fallait continuer sur ma lancée et surtout ne rien lâcher. Petit à petit mon état s'est amélioré et, tout en gérant mon physique qui m'avait déjà donné quelques petits signes de faiblesse dès le training du jeudi, j'ai pu finir les deux journées de course. L'objectif était avant tout de ne pas condamner mon championnat en marquant les points que je pourrai, j'étais loin d'imaginer la suite...
Samedi : "Dès la fin du premier tour je sens la fatigue arriver et les trois tours éprouvants qu'il reste m'inquiètent..."
La journée commence par une spéciale en herbe que nous ne ferons que deux fois. Je sais que j'ai une bonne carte à jouer sur ce type de tracé et la pluie qui s'annonce va jouer en ma faveur. Je réalise un bon quatrième temps derrière Christophe NAMBOTIN qui, dès la première spéciale, se présente comme un leader probablement incontournable. Dans la seconde spéciale j'obtiens un deuxième chrono, toujours derrière Christophe. Dès la fin du premier tour je sens la fatigue arriver et les trois tours éprouvants qu'il reste m'inquiètent. Je m'alimente le plus possible et je ménage l'effort en liaison. Le deuxième et le troisième tour sont très dur mais je veux aller au bout de cette première journée. Peut être que demain je ne pourrais même pas reprendre le guidon. Mes temps sont loins de la tête de course mais étrangement l'énergie revient peu à peu et le peu de secondes qui me séparent des premiers sur ces spéciales ne me coûte pas très cher au classement. Je ne descends pas plus loin que la troisième place et finalement Stefan MERRIMAN qui réalise lui aussi une belle journée m'offre sa seconde place sur plateau d'argent en échouant dans la côte de l'extrême. Sans crainte et boosté par ma performance de la journée j'arrive dans l'ultime spéciale de la journée en totale confiance et je réalise le deuxième temps, une seconde derrière Christophe. La journée se termine sur la seconde marche du podium avec beaucoup de bonheur. Christophe a été intouchable et cette place est presque une victoire à mes yeux. La veille encore je n'aurais pas parié un centime sur mes chances de réaliser un podium ! Ce résultat me conforte surtout dans l'idée que j'ai un vrai rôle à jouer dans ce championnat. La configuration de l'épreuve m'a aidé en spéciale cependant le caractère hyper usant des liaisons m'a bien entamé physiquement. Je profite d'une longue nuit de sommeil pour tenter de reprendre de l'énergie pour une seconde journée de course que je compte bien mettre à profit...
Dimanche : "Je crois que c'est une étape très importante dans ma vie de pilote et je veux absolument maintenir ce cap..."
La journée commence par un réveil tranquille sous un ciel bleu qui me met le moral au beau fixe. Après la pluie le beau temps... Même si je suis plus à mon avantage sur le gras j'ai aussi envie de pouvoir rouler autrement que trempé des pieds à la tête. Christophe repart sur des chapeaux de roue mais cette fois-ci notre écart est très faible et, durant le premier tour, nous occupons la tête de course. Les spéciales ont un peu séché et les écarts entre les pilotes qui occupent les avant-postes sont moindres par rapport à la veille. Jusqu'à la quatrième spéciale Christophe et moi constituons le duo de tête franco français devant Marko TARKKALA qui, passé à côté de sa journée la veille, donne tout ce qu'il peut. Dans la cinquième spéciale Christophe chute à plusieurs reprises et je prends commandement de l'épreuve. Il faut tenir bon car Marko TARKKALA n'est pas loin et ses temps dans l'extrême sont très bons. Mon avantage sur lui est évident dans les spéciales en herbe et l'objectif est de résister à ses attaques le plus longtemps possible. Le finlandais est plus rapide dans l'extrême, qui est très physique, et il reprend la tête pour trois centièmes. Il reste la grande spéciale en herbe et pour moi c'est une évidence, je vais gagner la journée. Je ne laisserai pas mon adversaire me battre dans cette spéciale. Je sors avec sept secondes d'avance, la journée est gagnée ! Mes chronos m'ont fait oublier la fatigue et c'est vraiment une grande satisfaction pour moi. En me levant j'avais choisi d'être un acteur de la course et, motivé par ma performance de la veille j'ai fait tout ce que j'ai pu pour être devant. Pendant la course j'étais très détendu et je pense que cela a contribué à ma victoire. J'étais habité par la conviction de pouvoir gagner. Je crois que c'est une étape très importante dans ma vie de pilote et je veux absolument maintenir ce cap. Je pense avoir cerné quelque chose de nouveau que les pilotes qui font figure de leader au championnat possèdent tous consciemment ou inconsciemment. En tous cas je termine cette seconde journée de course sur la première marche du podium et c'est fantastique !
Le bilan de ce week-end est bien entendu très positif et cette performance inespérée me conforte dans mes perspectives. Il faut que je profite de la suite du championnat à Uzerche le week-end prochain pour continuer sur cette lancée. Cette semaine place au grand repos, je tiens à être en forme ce week-end ! J'espère qu'il y aura beaucoup de spectateurs pour venir encourager les français.
Merci à Stéphane pour la qualité de son travail sur ma moto, qui a contribué pleinement à ma réussite.