Oui, la piste est super. Elle n'est plus aussi naturelle qu'avant, mais j'ai bien aimé tous ces sauts avec des bonnes réceptions souples.
J'ai entendu dire qu'Unadilla ressemblait à certaines pistes néo-zélandaises...
Oui, et quand il a plu, c'est devenu plus facile pour moi. Je n'ai pas trouvé le circuit si boueux. Pour moi, la boue c'est quand on a les deux pieds parterre et que la moto part dans tous les sens - c'est ça que j'appelle "boueux". Quand les trajectoires ont été nettoyées, c'était même très sec en-dessous.
Raconte-nous la première manche où tu finis 5e ?
J'ai jailli de la grille, mais j'ai trop cabré. Michael Byrne et Andrew Short m'encadraient et m'ont pris en sandwich. Je ne suis donc pas arrivé dans le premier virage aussi fort que j'aurais du et je ne savais pas trop à quelle place j'étais. Dans ce premier tour, il y avait des pierres qui volaient partout - je n'avais pas réalisé qu'elles étaient si grosses. L'une d'elles a touché ma gorge et, l'espace de deux virages, je me suis demandé si j'allais continuer - j'avais vraiment du mal à respirer. Mais c'est passé et j'ai commencé à remonter quelques pilotes en baissant bien la tête (rires). A un moment, Josh Hill a chuté et je commençais à avoir très mal aux bras. Et puis, ça s'est atténué. J'ai fait mon tour le plus rapide, mais les autres pilotes étaient trop loin et j'ai assuré ma 5e place.
Qu'as-tu pensé quand la pluie est tombée ?
Je ne sais plus... Je crois que je me suis demandé s'ils allaient annuler la course. Pour moi, la pluie n'avait pas d'importance. J'étais sur la grille et quand ils ont dit que le départ allait être donné, j'ai entendu James et son mécanicien parler des pneus. James avait des pneus pour terrain dur et de nombreux autres pilotes également. Là, je me suis dit : "Tu vas faire le holeshot !" et ça a bien failli, mais Bubba est arrivé à l'intérieur et a pris la bonne trajectoire. Je l'ai passé dans le troisième virage et, alors que j'entrais dans le quatrième en frôlant les banderoles, il m'a passé en dehors de la piste ! J'étais fou ! Je l'ai laissé partir pour éviter les projections de boue et de pierres.
Tu as fait une chose unique cette saison. Suivre à vue James Stewart pendant toute une manche. Tu en penses quoi ?
C'était super ! Au début, il a commencé à faire le trou et puis je suis revenu lentement. J'avais des tear off's par dessus un roll off's, mais les derniers étaient tellement collés que, quand je les ai retirés, le masque est venu avec. Je ne voulais pas tout arracher, j'ai donc fait attention et j'ai continué à revenir sur James. L'écart s'est stabilisé un peu. Et puis il est tombé et je me suis retrouvé tout prêt.
"IL FAUT QUE JE LE BATTE POUR RICKY !"
A ce moment, qu'est-ce que tu as pensé ?
A chaque fois que je rentrais dans le virage en épingle, je le voyais sortir et je pensais, "il faut que je le batte pour Ricky !" (rires)
En parlant de Ricky, tu es basé au "Camp Carmichael" en Floride. Comment ça se passe ?
Bien ! Récemment Ben (Townley NDRL) est venu me regarder rouler et m'indiquer mes défauts. J'ai aussi travaillé mes départs, entre-autres. Ricky est également venu et on a passé un bon moment. Il s'est mis derrière moi et m'a suivi pendant une trentaine de minutes...
Est-ce qu'il est toujours rapide ou l'as-tu distancé ?
(rires) C'est lui qui m'a distancé ! Durant le premier tour, nous roulions à la même vitesse, mais ensuite j'ai commencé à devenir nerveux. Il arrive à te mettre la pression même quand tu t'entraînes. Je ne sais pas comment il fait ?
L'an passé, tu roulais Honda. Cette année tu es dans le team Suzuki-City. Comment as-tu trouvé ce contrat ?
Michael Nasakaitis, le team manager, et Roger de Coster en ont parlé et m'ont proposé un bon deal. Comme les primes aux privés proposées par Suzuki sont bonnes, ça le fait bien. Je suis satisfait de mon programme. Mitch (Pro Circuit) m'a fait un moteur. La Suzuki est vraiment une bonne moto. Avec l'injection, il n'y a pas de trou. Il faut juste prendre le temps de s'habituer- j'ai roulé tellement longtemps sur des Honda. J'ai aussi beaucoup appris en matière de réglages...
Est-ce que vous avez parlé de ton intégration au team Suzuki officiel ?
J'en ai parlé avec Michael, mon manager, et il étudie la question. On verra bien. De toutes façons, je suis bien où je suis.
Tu es monté sur le podium, quel est ton nouvel objectif ?
De monter à nouveau sur le podium lors d'une course dans des conditions normales. Pour prouver que je ne suis pas qu'un bon pilote dans la boue...
Propos recueillis par Billy Ursic - racerxill.com