Mickaël, en signant chez Honda, c’est un peu un retour aux sources. Est-ce que l’on peut dire que la boucle est bouclée ?
Effectivement, je pense que l’on peut dire cela. J’ai passé pratiquement la moitié de ma carrière sur des Honda et notamment mes premières années. Aujourd’hui, le Touquet représente l’un de mes derniers objectifs sportifs, et tenter de le remporter avec Honda me fait très plaisir. J’espère rouler encore deux à trois ans, alors oui, c’est peut-être ma dernière boucle.
Apres tes deux titres de champion du monde de motocross, tu t'es impliqué dans plusieurs disciplines. Quel sera ton programme en 2009 ?
Je n’ai pas de programme précis défini. Je vais participer à quelques épreuves du championnat de France Elite, en essayant de faire du mieux possible. Ensuite, je vais également m’engager, avec HM-Honda-Euroboost, sur les "classiques" d’enduro qui manquent à mon palmarès. L’objectif est donc, dans ce laps de temps de deux trois ans, de gagner la Grappe de Cyrano, le Trèfle et la Val de Lorraine. Enfin, je ferai quelques apparitions en championnat de France Supermotard. Tout ça devrait tout de même représenter une bonne quinzaine de courses. Enfin, si l’occasion se présente, j’aimerais bien faire les 24 Heures du Mans et le Bol d’Or, c’est quelque chose qui me tient vraiment à cœur et, si ça n’est pas réalisable cette année, on verra l’an prochain .
Les courses de sable, c’est une première pour toi, meme si, dans le cadre du championnat du monde de Motocross, tu as couru sur ce type de terrain. Est-ce que l’approche est comparable ?
Non, ça n’a absolument rien à voir, même si la technique de pilotage est très proche. L’approche de la course est totalement différente. Au Touquet, on part pour 3 heures, alors qu’en Grand Prix, on roule 40 minutes. De fait, les motos ne sont pas les mêmes. Pour l’Enduropale, il faut une moto performante, mais surtout fiable. Idem côté pilote. Ce n’est pas un sprint, il faut savoir gérer ces 3 heures de course, les dépassements, les ravitaillements. Il faut surtout savoir ne pas perdre du temps, plutôt que de vouloir en gagner.
Physiquement, est-ce que cela change par rapport à ce que vous tu as connu, tant en Motocross, qu’en enduro ?
Là encore, ça n’a rien à voir. Pour tout dire, je pense qu’il est plus dur physiquement de rouler 40 minutes à fond sur une manche de Grand Prix, que 3 heures au Touquet. Cependant, l’effort est différent et, comme je l’ai dit précédemment, il faut savoir gérer son effort dans la durée. Sur les épreuves de Grayan et Hossegor, j’ai constaté que, durant la course, on passe par des hauts et des bas physiquement. Il faut donc s’appliquer à gérer ces plages afin de faire la course la plus régulière possible.
Physiquement, dans un passé récent, tu as eu des problèmes avec tes poignets. Est-ce que pour les 3 heures de course de l’Enduropale, c’est un point qui t'inquiète ?
Clairement non. Depuis que je me suis fait opérer, et que j’ai un programme de nutrition bien défini, tout est rentré dans l’ordre. De plus, les contraintes ne sont absolument pas les mêmes que ce que j’ai connu en enduro où il nous arrivait de rouler 15 heures par week-end sur des terrains parfois très cassants. Pour l’Enduropale, je vais déjà passer moins de temps sur la moto et le terrain sera beaucoup moins difficile. Donc, de ce point de vue, je suis serein. Maintenant pour être tout à fait franc, la seule chose qui m’inquiète, c’est d’être au mieux le jour de la course. Trois heures, encore une fois, c’est long et l’on peut très bien connaître un jour sans.
Pour ta préparation à l’Enduropale, tu as participé aux courses de Grayan et Hossegor avec un super résultat à la clé puisque tu as gagné cette dernière. Pensais-tu obtenir de si bons résultats si vite ?
Je savais que j’avais une bonne vitesse, mais de la à gagner, non. Ça m’a surpris, tout comme mes adversaires d’ailleurs. Bon, il faut également relativiser, puisque la course d’Hossegor n’a duré qu’une heure quarante-cinq et que j’ai profité de l’abandon de Timoteï Potisek. En revanche, comme je le disais, ces deux courses m’ont permis de voir que j’étais dans le rythme puisque je faisais jeu égal avec Arnaud Demester et Yves Deudon. Sincèrement, je pensais qu’il m’aurait fallu plus de temps. J’ai également pu me rassurer sur la gestion de ce type de course. Encore une fois, trois heures, c’est long et mon expérience m’a servi pour limiter les prises de risques inutiles. A Hossegor, je suis le seul pilote de pointe à ne pas avoir chuté.
Est-ce que cette victoire d’Hossegor, justement, ne fait pas monter un peu trop vite la pression autour de ta participation pour le rendez-vous du Touquet ?
Non, pas du tout, car mon objectif pour cette première participation est d’être, si possible, sur le podium. Le Touquet, pour Timoteï ou Arnaud, c’est un peu la course de l’année. Ça le deviendra peut-être pour moi, mais, cette année, je ne me mets aucune pression. Gagner au Touquet dès sa première participation, je pense que ça reste difficile. C’est une course à part qui n’a rien à voir avec Grayan ou Hossegor. J’ai bien sûr envie de gagner, mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Il ne faut pas en vouloir trop tout de suite. Je pense que c’est comme ça que l’on a le plus de chances de tout rater.
Tu vas donc utiliser la toute nouvelle Honda CRF 450 R à injection, pour l’occasion. Que penses-tu de cette nouvelle machine et as-tu rapidement repris tes marques sur cette Honda ?
Oh oui, ça c’est fait très vite. La moto d’origine est déjà très performante. D’ailleurs, à Grayan et Hossegor, j’ai roulé dans cette configuration. C’est une machine facile, fiable et tres légère. Quand il faut slalomer entre les pilotes, c’est là qu’on apprécie sa maniabilité. Côté fiabilité, nous n’avons rencontré aucun souci. Même en utilisant les radiateurs d’origine.
Tes essais se sont poursuivis jusqu’au dernier moment. Quelles sont les
évolutions que tu as souhaitées ? As-tu modifié beaucoup de choses ?
En fait, hormis les suspensions et les pieces spécifiques comme le réservoir et les radiateurs que nous recevrons avant l’épreuve, on est restés très proches de l’origine côté moteur. Tout simplement parce que la CR-F 450 est déjà très performante et que, sur une course comme le Touquet, je ne suis pas sûr qu’il soit nécessaire de travailler sur la puissance. Les ingénieurs de chez Honda ont fait un super travail d’origine, comme souvent.
Tu as fêté tes 33 ans le week-end précédent l’Enduropale. Est-ce une
motivation supplémentaire pour réussir un gros coup ?
Sincèrement non. Il ne faut pas précipiter les choses. Bien sûr, à chaque fois que je prends le départ d’une course, au fond de moi j’ai envie de la gagner. Alors remporter le Touquet dès ma première participation ça serait génial. Pour rester raisonnable, un podium ça m’irait bien.
Interview Honda France
