Moto Verte : Avais-tu la pression avant d’aborder cette dernière course de la saison ?
Loris Gubian : Au début, pas du tout. Mais le matin, avant le départ, j’ai réalisé que je jouais vraiment gros et j’ai commencé à stresser. Le trial était difficile et il m’a fallu un tour complet pour me détendre et rouler correctement. J'ai vécu en effet un gros stress.
A quel moment as-tu réalisé que c’était toi le champion ?
Sur le podium. Ça m’a fait drôle d’entendre la Marseillaise. J’ai commencé à me dire que ça y était, que je l’avais fait. Mais, honnêtement, je ne le réalise pas encore. Je crois que ça ne sera concret que lorsque je serai rentré en France et que je verrai mes amis, ma famille…
Quelles ont été les réactions dans le paddock ?
On a passé une bonne soirée avec le clan français. Mon suiveur, bien sûr, mais aussi les autres pilotes comme Guillaume Laniel ou Benoît Dagnicourt. On a bien décompressé, jusque tard dans la nuit. C’était mérité, je pense !
C'est la saison des transferts. Penses-tu que ce titre va t’aider à mieux gagner ta vie ?
Normalement oui. Je reste chez Sherco en 2009. J’ai déjà discuté avec eux. Ils sont super contents de ce que j’ai fait et ils vont faire des efforts. Cette année, j’ai pas mal galéré et, sans le soutien de Didier Valade et de mes sponsors, je n’y serai pas arrivé. Mais je crois, ou du moins j'espère, que l'an prochain, la situation va devenir plus facile.
On va te voir en mondial Senior l’année prochaine, alors ?
Oui, tout à fait. Je vais rouler tout le Senior. Je ne jouerai pas la gagne, mais je peux me battre avec des garçons comme Dabbil. De toutes façons, je vais voir ce que ça donne. Je vais bien avoir besoin de deux ou trois ans pour progresser et arriver au niveau des meilleurs. Je les ai cotoyé sur des courses urbaines comme à Cahors, mais ce n’est pas pareil. L’an prochain, je ferai ma première vraie course de Mondial avec eux, il va falloir s’accrocher.
Le fait de devenir Champion du monde 20 ans après Thierry Michaud, ça te place dans une position particulière. Es-tu prêt à assumer ce rôle ?
C’est sûr que je deviens en quelque sorte l’ambassadeur du trial français. Christophe Bruand et Jérôme Béthune ont annoncé qu’ils ne referaient pas le mondial. C'est un gros challenge pour moi de représenter la France sans jouer la gagne. Je vais essayer de faire dans les cinq premiers. Dans les deux ans qui viennent, pas question de se battre avec Bou ou Raga. Mais je dois tout donner et montrer une bonne image, pour que les jeunes qui suivent mes résultats aient envie de s’investir dans le trial. C'est une responsabilité importante.
Penses-tu que ce titre mondial peut aider à faire parler du trial dans les médias généralistes ?
J’aimerai bien. Après 20 ans sans champion français, mon titre peut permettre de redynamiser l’image du trial dans le grand public. Mais je crois que ça va surtout donner à la fédé l’envie de se pencher un peu plus sur notre sport, qui en a bien besoin.
Veux-tu remercier quelques personnes pour leur aide dans cette longue quête vers la couronne mondiale ?
Bien sûr ! Ma première pensée va vers ma mère qui a toujours été là pour moi, qui m’a soutenu et qui a cru en mes capacités. Je remercie aussi mon amie qui me supporte au quotidien… J’ai une pensée pour toute ma famille, avec qui je vais fêter ça à mon retour.
Du côté du clan français, je veux remercier tout le monde. C'est difficile de citer des gens, on est sûr d’en oublier, mais je dois souligner le travail de ceux qui m’ont suivi sur les courses : Ben Delamotte, Marc Soulas, qui m’a suivi en mondial, Frédéric Brochet, Jules Huguenin, Didier Valade…Il y a aussi mes sponsors et amis, comme ScootRace Motos. Il ne faut pas oublier Thierry Michaud, qui coache l’équipe de France et m'a beaucoup aidé. J’en oublie certainement, mais… Merci à tous !
Propos recueillis par Olivier de Vaulx - Moto Verte