Travis Pastrana tout le monde le connaît mais personne ne sait vraiment qui il est. Dans son film "199 Lives" Travis se confie, se raconte, se souvient de sa jeunesse, de ses titres, de ses joies et de ses peines. Travis est un malade. Tout le monde le sait. Il n’a peur de rien et pour combler sa dose quotidienne d’adrénaline il est prêt à tout. "Il faut vivre sa vie à fond tous les jours, dit un ami de TP. Je connais qu’une seule personne qui met ça en pratique et c’est Travis." A travers Robert, son père, tout aussi marteau que son fils, on découvre que les gènes n’ont pas sauté une génération. Dans les paroles de Debbie, sa mère, le côté sensible de TP remonte à la surface. De sa grave chute où il a failli perdre la vie, ses sauts dans le Grand Canyon, de son accident de voiture, de ses titres, de ses médailles aux X Games, le film montre tout, décortique, tente de percer l’armure. Travis chute et se relève à chaque fois. Le message passe bien, il est lissé comme le personnage principal. Derrière le corps qui semble encaisser toutes les opérations chirurgicales imaginables, le récit peine cependant à montrer qui est réellement Travis en dehors de sa recherche constante d’essayer de se prouver quelque chose à lui-même.
Il se retrouve à crier tout seul chez lui
Derrière la carapace médiatique, passé le sourire pour les photographes, qui est-il vraiment ? De sa vie privée, on ne sait rien. A t-il une copine ? En a-t-il jamais eu ? On ne sait pas. Sort-il le soir ? Fait-il la fête ? Où ? Avec qui ? Comment as t-il vécu le divorce de ses parents ? Rêvait-il d’un grand frère ? Quel est son niveau d’étude ? Difficile à dire. Le film se veut ouvertement grand public mais les sujets en dehors de la moto ne sont pas abordés ou simplement mis de côté. A un moment cependant, le spectateur pense découvrir au détour de quelques images furtives les angoisses d’un Travis qui doute, qui ne sait plus où il est. Le jeune pilote avoue indirectement par le biais de ses proches qu’il ne dort pas bien la nuit, que des cauchemars le hantent et qu’il se retrouve à crier tout seul chez lui pour essayer d’évacuer ses visions d’horreurs. Le sujet passe, on veut en savoir davantage mais déjà les images sautent sur autre chose. Au final, "199 Lives" reste un excellent documentaire pour ceux et celles qui souhaitent redécouvrir la carrière déjà énorme de Travis. Une question demeure : pourquoi s’être tant concentré sur le personnage que tout le monde connaît et pas sur celui que l’on aimerait découvrir ? Si c’était pour refaire une vidéo à la "Nitro Circus" pourquoi faire l’effort de passer le film dans des salles de cinéma ? "Une chose est certaine il va me manquer lorsqu’il va finir par se tuer" avoue son père. A nous aussi.
Où voir "199" Lives ?
L’avenir de "199 Lives" dépend du succès des deux jours où le film a été projeté dans 400 salles sur le territoire américain. Si le nombre d’entrées est suffisant, d’autres dates de visionnage seront prévues. Si ce n’est pas le cas, "199 Lives" sortira alors en DVD d’ici la fin de l’année… ou pas. A suivre.
De Stéphan Legrand, correspondant Moto Verte aux Etats-Unis - lebig.blogs.motoverte.fr
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