Virer dans la boue



Le pilotage dans la boue est des plus techniques. Ici, rien ne sert de rouler vite, il faut rouler fin. L’analyse de chaque obstacle du circuit peut faire gagner plusieurs secondes au tour. Exemple avec les virages…

Le virage qui nous intéresse aujourd’hui se retrouve sur n’importe quel circuit de France. Là, on est à Saint-Jean-d’Angély, lors de notre comparatif 250/450 4T, dans le grand gauche qui suit le saut dit « de la mort » ! Je veux parler du grand saut en descente où s’était particulièrement illustré Pastrana lors des Nations 2000. Un grand et large virage à gauche qui permet de choisir plusieurs trajectoires. En gros, il y en a trois théoriques. Celle du milieu est la plus logique.

La trajectoire logique
Quand le terrain est refait, c’est une trace sur le plat, mais là, dans la boue, c’est un beau et long appui. Sauf qu’avec l’humidité ambiante, il se termine dans une grande flaque d’eau. Ce qui devrait donc être la trace la plus rapide devient une ligne plutôt désagréable à emprunter, à moins que vous n’aimiez rouler avec de l’eau boueuse dans vos lunettes. De plus, comme cette longue ornière a été empruntée par 80 % des pilotes, la sortie est complètement défoncée et l’on manque de vitesse pour aborder la longue montée et le camel qui suivent. Il faut donc faire un autre choix. Lequel ?

L’extérieur
Complètement à l’extérieur du virage, il y a une trace d’une cinquantaine de centimètres de large, sur le talus. C’est le choix qu’avait fait notre collègue Anthoni Josselin de MX Magazine. Pourquoi pas ? Les problèmes avec cette ligne sont sa longueur, la difficulté à adopter la bonne vitesse pour ne pas tomber à l’extérieur ou l’intérieur de la trace et la position vulnérable en sortie de virage. De plus, vous sortez à nouveau sur la ligne d’accélération la plus fréquentée et vous allez rebondir de trous en bosses sur le premier tiers de la montée – souvenez-vous qu’il y a un camel à franchir en haut.

L’intérieur
Là, à l’intérieur, il y a une trace qui ne paraît pas idéale de prime abord. Comme on a tendance à prendre la descente précédente à droite, il faut franchement recouper vers la gauche pour glisser sa roue au ras du talus. En recoupant, on coupe des ornières, ce qui est un peu casse-gueule, mais dès qu’on est dans le rail, on peut franchement accélérer et l’on sort à l’intérieur. Autrement dit, personne ne peut vous agresser et vous accélérez dans une zone parfaitement lisse, gage de vitesse pour aborder le camel. En résumé, vous perdez un peu de temps à l’entrée du virage, mais vous en gagnez à l’accélération et au passage du saut suivant. Au fil des tours, ça fait de la fatigue en moins.
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L’intérieur de l’intérieur
Dans la boue, il faut ouvrir les yeux et ne pas se cantonner à ce qui paraît logique. Un certain Jacky Vimond, maître du genre, aurait trouvé cette astuce. À partir du moment où le terrain est de plus en plus creusé et si la pluie inonde les ornières, il reste cette trajectoire aberrante, le talus intérieur. La manœuvre est technique et il faut se méfier des adversaires qui pourraient vous percuter à l’entrée du virage mais si vous êtes isolé, c’est un coup à jouer. Vous recoupez de l’exter à l’intérieur et vous attaquez le talus intérieur perpendiculairement. Vous virez au ras du piquet et vous accélérez à fond en sortie sur une surface lisse. Ce que vous perdez à l’entrée, vous le regagnez à la sortie, la fatigue en moins puisque vous évitez les trous…
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