Réussir son plantage

Réussir son plantage


Pour vous, la sortie dominicale en enduro repose sur une succession de franchissements de grimpettes. À moins que vous ayez décidé de vous inscrire à la prochaine course extrême du coin. Dans les deux cas, on vous explique les solutions en cas de plantage dans une montée…


Que faire si l’on pense qu’on ne va pas réussir à grimper jusqu’en haut ?

<img|1|left>Jouer avec les rapports
Tout dépend de l’inclinaison de la pente. Si ce n’est pas trop pentu et que l’on monte en deux, on peut éventuellement tenter de rétrograder en première. Mais il faut l’anticiper. N’attendez pas d’être au ralenti pour passer la une. Impossible de repartir dans ce cas-là. En revanche, si au fur et à mesure le moteur descend dans les régimes, il faut profiter du minimum de vitesse qu’il reste pour mettre la une et ne pas avoir à faire un démarrage en côte. La force de la première vous aidera peut-être à atteindre le sommet.

<img|2|left>La dernière chance
  Si la montée n’est pas trop abrupte et qu’on en aperçoit le sommet, on peut tenter de sauter de la moto et d’accompagner la machine en poussant. Il est tout de même rare que la montée offre cette possibilité tant le dénivelé est important. Sinon, on ne se raterait pas.
  L’alternative ultime peut consister à bifurquer à droite ou à gauche pour bénéficier d’un dénivelé moins élevé et ainsi terminer l’ascension sur la moto en se fatiguant le moins possible. Il faut quand même l’anticiper en regardant loin des deux côtés dès qu’on attaque pour savoir s’il y a la possibilité de changer de cap en cas de souci.

<img|3|left>Anticiper un demi-tour
La première des réactions est de ne pas attendre les derniers mètres où l’on est dans une situation catastrophe pour se dire que ça ne va pas monter. Il faut sentir qu’à un moment donné, si l’on perd énormément de vitesse, ça ne va pas aller au bout. Dans ce cas, mieux vaut anticiper un demi-tour quand on a encore suffisamment d’élan pour faire pivoter la moto. On se déséquilibre alors volontairement vers l’amont pour poser le pied plus facilement au sol, plus haut que la moto, entamer son demi-tour et redescendre. Ça peut économiser de la fatigue en cas de plantage. Si on perd l’équilibre, la moto peut se coucher du bon côté de la pente à savoir l’amont mais elle peut aussi, et ça arrive souvent, partir dans le mauvais sens, c’est-à-dire en aval. Du coup, on se fatigue deux fois plus qu’en temps normal parce qu’il faut remettre la moto dans le bon sens de la pente en la soulevant et en la tirant à la fois.

Ça plante
À partir du moment où l’on est planté dans une côte et que l’on ne sait pas où se situe le sommet, inutile d’insister et de labourer le terrain pour repartir. On risque de diminuer ses chances de grimper lors de la prochaine tentative. Il s’agit aussi de respecter l’environnement. Dites-vous qu’une fois tanqué, il n’y a quasiment aucune chance de repartir surtout si l’on n’aperçoit pas la fin de la grimpette.

Que faire quand on est planté?

<img|4|left>Economiser ses forces
C’est la principale règle à retenir ! Rien ne sert de s’énerver et de persister à vouloir grimper alors qu’on n’a plus d’élan. Il faut réfléchir et procéder intelligemment. Soit chercher à redescendre et retenir ses erreurs pour améliorer la tentative suivante même si on ne grimpe que dix mètres de plus. Ça peut passer au bout de plusieurs essais sans trop se fatiguer alors qu’il est possible de s’épuiser en s’entêtant.

Entamer le demi-tour

<img|5|left>Moteur arrêté : il faut remettre la moto dans le sens de la pente soit l’avant en bas. Placé du côté amont de la moto, soit vous tirez l’arrière de la machine en plaçant sa main sous le garde-boue juste à côté de la selle, soit vous faites le tour de la moto et vous tirez l’avant pour le faire redescendre. Veillez à manoeuvrer la machine moteur éteint, vitesse enclenchée.

<img|7|left>Moteur allumé : si vous réussissez à vous mettre légèrement en travers de la pente et que vous arrivez à ne pas reculer en gardant le moteur en route, embrayé et vitesse enclenchée, le mieux est de faire osciller la direction pour que la roue avant fasse droite/gauche et qu’elle redescende dans la pente. Soit vous restez sur la moto, un pied posé au sol en amont, soit vous descendez de la machine pour vous positionner en amont de la moto. Quand après avoir tourné la roue de droite à gauche, elle est suffisamment bas dans la pente, poussez sur le pied en amont et lâchez l’embrayage pour redescendre doucement.

Les trucs du pro

Thierry Moisson, jardinier et quatrième du dernier Shark X-Trêm

   Le mot-clé est l’anticipation. En enduro, il est difficile de voir la grimpette avant de l’entamer. Il faut donc repérer les difficultés en temps réel. Même chose si l’on voit que l’on ne va pas monter, mieux vaut anticiper le demi-tour tant qu’il en est encore temps.

  Il ne faut pas avoir peur de ne pas insister. Si un petit truc nous fait perdre l’élan et nous oblige à couper dans la côte, si l’on voit qu’on ne peut pas repartir, on repère bien l’endroit avant de faire demi-tour. On analyse ainsi ce qu’il ne faut pas faire à la tentative suivante. Que ce soit en loisir ou en compétition, il ne faut vraiment pas avoir peur de redescendre pour reprendre l’élan.

  Pour éviter le plantage au maximum, on apprend toujours aux stagiaires de prendre un maximum de vitesse avant la montée pour pouvoir gérer le plus facilement possible la vitesse dans la côte, debout sur les repose pieds et en regardant loin devant. Le but est de conserver le
plus longtemps possible le rapport choisi au départ, par exemple la deux, pour n’utiliser la première qu’en dernier recours si l’on voit que l’ascension devient vraiment difficile.

  En course ou sur une classique, s’il y a des spectateurs dans la montée, il est intéressant de ne pas passer trop loin d’eux pour bénéficier de leur aide en cas de coup dur. Si tu te loupes, il faut la jouer regard triste pour que l’on vienne t’aider plutôt que de les insulter pour qu’ils le fassent.

  Si des pilotes sont déjà plantés, il ne faut pas se précipiter et observer avant de se lancer. S’il n’y a qu’une trajectoire et que trois pilotes sont au milieu, il faut attendre que ça se dégage plutôt que de se fatiguer autant que les autres. Si en revanche, il y a d’autres trajectoires, il faut les tenter.

  Si l’on n’est pas équipé d’un démarreur électrique, on peut kicker pour redémarrer si le côté gauche de la moto est en amont, sinon, prenez l’embrayage et entamez la descente pour démarrer en cours de route en lâchant l’embrayage.

Réussir son plantage

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