Piloter dans la boue

Piloter dans la boue


Si personne ne se réjouit des conditions climatiques difficiles, savoir surfer les pistes boueuses vous redonnera le sourire les jours de pluie. Les 10 règles suivantes devraient vous permettre de devenir un dieu de la gadoue sur une piste de MX.

Se préparer psychologiquement
Le principal conseil de Jacky Vimond, grand spécialiste de la boue, est « d’aborder un circuit marécageux comme une piste normale. L’erreur est d’avoir peur de tomber parce que le tracé est glissant et qu’une fois à terre, on peine à relever la moto. La peur empêche de prendre de la vitesse et sans vitesse dans la boue, on a des difficultés à passer les obstacles. » Il faut donc partir dans l’idée que l’on va se faire plaisir en piste et que même en prenant de la vitesse dans la boue, on a moins de risques de se faire mal que sur le sec.

Tout doux sur les gaz
Non pas qu’il faille rouler doucement comme vient de le préciser la règle n° 1, mais le dosage des gaz doit être subtil, surtout en phase d’accélération. Il faut user de souplesse pour privilégier la traction et faire passer un maximum de puissance au sol. Le coup de gaz doit être progressif pour ne pas patiner. Évitez donc l’embrayage et le coup de gaz rageur. Une manœuvre qui nécessite de choisir le bon rapport et de disposer d’une bonne carburation. Surtout sur les petites cylindrées. Sur les grosses, n’hésitez pas à passer un rapport supérieur avant la phase d’accélération, si besoin est en l’aidant d’un tout petit coup d’embrayage. Le couple du moteur permet une meilleure traction encore.

Freiner de l’avant
Plus que jamais, dans la boue, il est impératif de freiner en ligne, la moto droite. Privilégiez le frein avant même si ça peut paraître effrayant. Le frein arrière n’a pas une grosse efficacité si ce n’est pour faire glisser l’arrière, recouper et éviter certaines difficultés. En revanche, le freinage doit être soigné de façon à ne pas glisser et transférer petit à petit le poids sur l’avant. Veillez à freiner de façon progressive, en appuyant vraiment votre freinage une fois que le transfert de masse est terminé. L’adhérence devient plus importante et la maîtrise de la trajectoire idéale. N’oubliez pas que la phase de freinage débute plus tôt que sur le sec afin de bien choisir sa trajectoire et que le ralentissement est moins appuyé. Ça demande un peu plus de feeling donc d’entraînement.

Préparer son départ
La préparation de la place sur la grille est primordiale par temps pluvieux. C’est la meilleure chance de virer en tête au bout, d’y voir clair et d’être maître de ses trajectoires dans les premiers tours. À moins qu’il existe déjà une ornière, pas trop profonde et surtout pas tordue, grattez votre trace pour bénéficier de la couche plus dure qui se trouve dessous. Si vous n’avez pas la possibilité de préparer la trace, optez pour un rapport supérieur (seconde) ou tirez plus long en transmission. Autre conseil utile, dans la mesure du possible, isolez-vous des autres concurrents grâce à la cabane centrale ou en choisissant la place intérieure.

Soigner ses trajectoires
Tout dépend de la nature du sol. L’herbe, par exemple, offre une bonne adhérence lors des premiers passages avant de se transformer en patinoire. Ensuite, lorsqu’elle a été labourée, elle adhère de nouveau. Observez également si l’eau ruisselle dans les ornières. Cela signifie que le fond est dur et que la trace est intéressante. En revanche, à l’accélération comme au freinage, évitez de poser vos roues sur les trajectoires brillantes. Elles sont damées donc glissantes.
Si dans un virage, une ornière est trouée, préférez la recouper. Écartez-vous à l’entame du virage si la boue n’est pas trop gluante et recoupez les ornières en mettant du gaz au milieu de la courbe. Si un virage est suivi d’une difficulté, privilégiez l’extérieur pour prendre suffisamment de vitesse sur le deuxième ou troisième rapport.

Se positionner à l’arrière
Placer son poids sur l’arrière dès que possible permet de favoriser la motricité, surtout en sortie de virage. Dans les lignes droites, reculez vos pieds sur les repose-pieds et mettez-vous, jambes fléchies, au maximum sur l’arrière. Quitte à s’asseoir sur le garde-boue. Ce sont la vitesse et l’élan qui font aller droit. La roue avant doit être la plus légère possible pour ne pas freiner la moto. Non motrice, elle freine l’ensemble dès qu’elle est en contact avec la boue. Si les ornières sont meubles, cette position et la vitesse de passage permettent de faire sa propre trace.

Surfer les ornières
Qu’il s’agisse d’un virage ou d’une ligne droite, optez toujours pour l’ornière la moins profonde et la plus propre.
• En ligne droite, plus vite on aborde l’ornière, moins on est sujet au déséquilibre. En position arrière, ouvrez les gaz en grand juste avant l’ornière. Toutefois, si celle-ci est vraiment longue, abordez-la debout à vitesse modérée. Restez le plus longtemps possible debout jusqu’à ce que vous soyez malheureusement obligé de vous asseoir et de sortir les pieds. Pour éviter au maximum cette démarche, faites le tour du circuit à pied afin de repérer les ornières les moins profondes et les moins trouées.
• Dans les virages, il s’agit de rester également le plus longtemps possible debout pour bien guider la moto dans l’ornière. Relâchez les freins progressivement et accélérez de la même façon afin de ne pas vous déséquilibrer. Asseyez-vous juste pour relancer la machine. Appuyez alors très fort sur le repose-pied extérieur et ramenez la jambe intérieure le plus tôt possible. De façon générale, plus on est fluide dans la boue, plus on conserve de la vitesse.

Continuer de sauter
Dans la mesure où la réception est praticable, il est conseillé de sauter. La totalité des tables si les ornières à l’appel ne sont pas trop piégeuses, et le plus loin possible sur les sauts à plat. Ça permet de conserver une bonne vitesse et d’évacuer la boue qui s’accumule sur la moto. Dans le même ordre d’idée, placez des coups de gaz en l’air pour faire vibrer et décharger un peu l’ensemble.

Rouler debout
Il n’y a que ça de vrai selon Mister Rocket Pichon. Spécialement dans la boue. « Si vous sentez que vous allez devoir vous asseoir, notamment dans une ornière en ligne droite ou en virage, relevez-vous dès que possible. » Vous êtes prévenus. Pour être rapide dans la boue, il faut muscler les quadriceps et piloter debout le plus souvent possible.

S’entraîner dans la boue
Il n’y a pas de fumée sans feu. Si Pichon, Everts ou même Vuillemin, bien que Sudiste, sont si forts dans la boue, c’est qu’ils ont passé quelques heures dans ces conditions à l’entraînement. Le cas le plus récent concerne les frères Pourcel qui sont montés dans la région poitevine l’espace d’une semaine afin de s’aguerrir dans les conditions pluvieuses. C’est encore plus facile pour ceux qui habitent dans la partie supérieure de l’Hexagone.

Quelques astuces
• Pneus : choisissez des pneus tendres spécial boue gonflés à 800 g à l’AV et à l’AR et équipés de doubles chambres à air.
<img|2|left>• Protection : protégez votre pneu arrière avec une chambre à air pour accéder à votre place sur la grille de départ. Ça permet de conserver les tétines intactes pour gicler de la grille.
• Housse de selle : optez pour des modèles antidérapants très efficaces.
• Amortisseur : retendez-le en diminuant la précharge. Celle-ci peut passer de 95 à 85 mm car la boue surcharge énormément l’arrière de la moto.
á Repose-pieds : si nécessaire, retaillez les dents des repose-pieds pour une meilleure accroche.
<img|3|left>• Protège-mains : ils évitent les projections des autres et permettent de conserver les gants ainsi que les poignées propres.
• Transmission : pignon et couronne antiboue permettent une meilleure évacuation de la boue. Les chaînes à joints toriques vieillissent mieux. Pensez aussi à reculer la roue au maximum grâce à une chaîne plus longue afin de dégager la boue facilement.
• Poignées : posez du fil de fer afin qu’elles ne tournent pas.
• Mousse : une mousse de protection placée sous le sélecteur et la pédale
de frein évite à la boue de s’y accumuler et de tout bloquer.
• Rigidificateur : pour éviter la casse, placez un rigidificateur de garde-boue avant. Vérifiez également le serrage des boulons fixant le garde-boue arrière.
• Lubrifiant : vaporisez du silicone sous vos garde-boue et sur le moteur afin que la boue colle moins. Évitez les disques, les poignées et la selle.

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