Les entorses du genou



Une entorse, c’est une lésion d’un ou des ligaments d’une articulation, provoquant du jeu dans l’articulation et, comme en mécanique, pouvant aboutir à l’usure des deux pièces concernées…

Le genou est formé de :
Trois surfaces articulaires revêtues de cartilage permettant le glissement et le roulement des trois composants osseux lors de la flexion extension ou de mouvements de pivot :
– les condyles fémoraux (extrémité inférieure du fémur)
– les plateaux tibiaux (extrémité supérieure du tibia)
– la rotule
• Deux ménisques. Des fibro-cartilages qui améliorent la congruence articulaire, situés latéralement entre les condyles et le plateau tibial.
• Une capsule articulaire. Sorte de manchon fibreux qui englobe les deux surfaces articulaires, comme une gaine, recouverte de la membrane synoviale qui sécrète le fameux liquide à l’origine des épanchements de synovie !
• Les ligaments qui réunissent et stabilisent les pièces osseuses. Il en existe de deux types :
– Deux ligaments latéraux. Un interne (LLI) et un externe (LLE)
– Deux ligaments croisés, un antérieur (LCA) et un postérieur (LCP) constituant le pivot au centre du genou.

Les lésions et leur mécanisme
Souvent, c’est la botte bloquée au sol et la moto qui tourne autour du genou ou un gros choc sur la face latérale du genou. Il se produit alors une compression d’un côté et une distension de l’autre. Les deux pièces osseuses s’écartent aux dépens de leurs moyens d’union ! D’abord, le ligament latéral se distend ou se rompt, puis le ménisque
se déchire, puis c’est le pivot (avec le LCA, plus rarement le LCP) qui cède en fonction bien sûr de l’intensité du traumatisme.

Les symptômes
Généralement, ça fait mal ! Ça peut enfler. Quand on se relève, parfois le genou lâche ! En urgence, au ski, c’est la barquette. En moto, les AMIS arrivent, sortent de leur sac médical une belle attelle d’immobilisation du genou, conseillent de soulager l’appui (utilisation de béquilles), donnent antalgiques et anti-inflammatoires.

Le diagnostic et le traitement
• 1. L’examen fait suspecter une entorse « grave ». Le médecin prescrit un IRM et généralement il y a quatre à six semaines de délai, ce qui laisse parfois le temps aux lésions de cicatriser spontanément. Entre-temps, l’immobilisation d’une durée de quinze jours à trois semaines, puis des séances de kinésithérapie sont prescrites.
• 2. L’examen-diagnostic fait suspecter une entorse bénigne (étirement du LLI ou LLE). On prescrit là aussi généralement des séances de kinésithérapie. Le délai de guérison est de quatre à six semaines avant reprise du sport !
Dans les deux cas, un nouveau rendez-vous est pris au bout des six semaines.
– Pour l’entorse bénigne, en général, tout est rentré dans l’ordre. Sinon, on fait un complément de bilan.
– Pour la « grave », le genou, paradoxalement, ne gêne presque plus dans la vie courante, même si parfois il se dérobe. Mais l’IRM confirme la rupture du ligament croisé (LCA), parfois associé à une lésion méniscale. Pour le sportif, il faudra envisager une intervention chirurgicale. Il n’y a pas d’urgence. On a plusieurs mois de délais ! Mais si l’on n’opère pas, l’évolution se fait vers l’instabilité et la dégradation progressive de l’articulation : lésion méniscale, cartilagineuse.

Les opérations
Ce ligament ne se suture pas, il faut le remplacer par une « greffe » prélevée sur d’autres éléments tendineux du genou (ligamentoplastie). Et on traite le ménisque dans le même temps en cas de lésion associée.
Pour chaque type de transplant, il y a une intervention spécifique.
• Le KJ (opération de Keneth Jones). C’est le tiers du tendon rotulien qui est utilisé pour remplacer le ligament rompu.
• Le DIDT. C’est un transplant tendineux interne du genou qui est utilisé.
L’hospitalisation est d’environ trois à six semaines. La rééducation commence de suite. Généralement, pendant le mois suivant l’opération, l’appui est partiel et le genou est tenu dans une attelle.
La « prise » du tendon dans l’os est effective entre le sixième et le neuvième mois. Donc activité sportive douce pendant ce délai (natation, vélo, footing en terrain plat, etc.).
En l’absence d’opération, roulez au moins avec des genouillères adaptées !

Dr Latune, Chirurgien Orthopédiste
www.amis.asso.fr

Ecrire un commentaire