Acheter une occas’ : notre guide !



Le marché de l’occasion tourne à plein, ce qui permet d’avoir un parc de motos et de pratiquants toujours aussi important. Trouver et acheter une occas’, un art qu’il faut savoir maîtriser pour ne pas rester en rade ! Suivez le guide…
Avec un parc d’occasion de plus en plus important face au prix du neuf, la recherche de la bonne affaire est devenue un quotidien pour la plupart des pratiquants. Cependant, le chemin vers la perle rare est semé d’embuches. On vous guide sur les étapes de la première réflexion à la signature finale.

  • Quelle moto choisir ?
    Cette question peut paraitre bête, mais elle n’est pas si évidente et détermine la suite de vos recherches. Suivant votre budget, posez-vous les bonnes questions. 2-temps ? 4-temps ? Votre objectif est le plaisir avant tout et la découverte du TT ? Orientez-vous vers du 2-temps. Moins cher et moins exigeant à l’entretien, vous pourrez également acquérir pour le même prix des millésimes plus récents qu’un 4-temps. Vous ne jurez que par les soupapes ? Choisissez bien votre cylindrée. Ne partez pas sur un 450 si votre pilotage et votre physique ne sont pas adaptés. Certes, vous aurez des sensations (et des frayeurs !) immédiates mais le plaisir ne sera pas franchement rendez-vous à moyen terme. Vous rêvez d’imiter Romain Febvre sur une 450 YZF mais vous venez juste d’avoir votre CASM, commencez par une 250 YZF. Si vous en avez l’occasion, essayer les motos des amis avant de trancher sur le modèle ou participez à des essais concessionnaires si l’opportunité se présente.
  • Comment fixer votre budget ?
    Le solde de votre compte bancaire est bien souvent un indicateur du budget, mais il convient de planifier votre dépense au plus juste. Il ne s’agit pas de tout mettre dans l’achat et de n’avoir aucune réserve pour les consommables ensuite. Deux options s’offrent à vous : soit vous mettez le prix afin d’obtenir une moto propre ne nécessitant aucun frais de remise en état, soit vous cherchez un modèle plus ancien, moins cher, avec une restauration à effectuer. Il faut peser le pour et le contre. Dans votre recherche, ne vous arrêtez pas à un prix fixe. Parfois pour 200 ou 300 euros de plus, vous ciblez un millésime plus récent avec moins de frais à prévoir et l’assurance d’une meilleure machine.
  • Où acheter ?
    Ah, la bonne question ! La révolution internet a du bon. Elle permet de trouver une moto d’occasion derrière son ordinateur en quelques clics. Mais attention, quelques précautions s’imposent car en moto comme dans chaque domaine, on trouve à boire et à manger sur la toile. Et ce n’est pas toujours digeste ! Si vous n’avez pas de connaissances techniques et mécaniques, si c’est votre premier achat, mieux vaut vous diriger vers un concessionnaire dans la région. Il saura vous aiguiller et propose généralement des garanties occasions. Pour le reste, vous pouvez épluchez les annonces des sites les plus populaires comme Leboncoin.fr, Paruvendu, Lacentrale ou encore 2emain.be si vous êtes proche de la Belgique, sans oublier motoverte.com ! Portez de l’attention à l’annonce en générale, à la qualité des photos, l’environnement, l’orthographe dans le texte. Ces premières informations traduisent généralement le sérieux du vendeur. Faites attention aux phrases toutes brodées que l’on retrouve de plus en plus telles que « lavée et graissée après chaque sortie ». Dans tous les cas, ayez la personne directement au téléphone avant de vous déplacer. Vous percevrez dans un premier temps son sérieux et sa bonne foi concernant les informations avancées dans l’annonce.
  • Pourquoi acheter en concession ?
    C’est rarement la première solution envisagée car les prix sont souvent plus élevés que sur internet. Mais le parc occasion des concessions est souvent très bien fourni avec deux services en plus, le conseil et la garantie. N’hésitez pas à faire un tour dans votre région. Les motos sont reconditionnées, le plus souvent vendues avec cette fameuse garantie occasion. Un gage de sécurité et de fiabilité pour vos premières sorties avec votre nouvelle acquisition. Et puis si ça ne va pas, rien ne vous empêche de retourner à la concession pour faire part de votre problème.
  • Comment trouver la perle rare ?
    La perle rare, comme son nom l’indique, est rare et reste donc peu de temps sur Internet. Certains vendeurs ont besoin de vendre rapidement leur moto et donc appliquent un tarif très bas. Il vous faudra passer du temps derrière votre ordinateur pour être à l’affut. Appliquez des alertes avec vos critères de sélection, vous serez prévenus lors de chaque nouvelle annonce postée. Si elle rentre dans vos critères, parfaitement entretenue avec un tarif intéressant, ne perdez pas une seconde. Soyez également attentif à la mise en ligne de l’annonce. Si la moto est toujours disponible après un mois sur la toile, le vendeur acceptera sans doute de revoir son prix la baisse.
  • Est-ce que je peux acheter à l’étranger ?
    Oui. Avec Internet, il est maintenant facile de jeter un œil à ce que font nos voisins européens. Sachez que vous y trouverez de très bonnes occasions ou au contraire un prix moyen pour certains modèles plus élevé qu’en France. Il existe plusieurs situations entre une cross ou une enduro. Pour une cross d’occasion, vous n’êtes pas soumis à la TVA puisque le produit n’est pas neuf. Vous pouvez donc acheter à l’étranger sans contrainte fiscale. Seul bémol pour la Suisse, il est nécessaire de faire une déclaration en douane française au préalable avant de passer la frontière. Vous devrez régler la TVA de 20% plus des droits de douane s’élevant à 8% (moins de 250cc) et 6% (plus de 250cc). Pour une enduro d’occasion, vous n’êtes pas non plus soumis à la TVA. Néanmoins, la loi vous oblige à retirer auprès de la recette principale des impôts un certificat fiscal d’exonération (certificat n°1993 VT) pour établir, notamment, la carte grise. Ce document vous sera remis avec la présentation de la facture d’achat, l’ancienne carte grise du véhicule, carte d’identité, et un justificatif de domicile.
  • Quel comportement adopter devant la moto ?
    Si vous pouvez, allez-y accompagné d’une personne pointue en mécanique qui pourra vous conseiller sur l’état de la moto. Convenez à l’avance d’un moyen de paiement avec le vendeur. Si le doute subsiste, vous pouvez prendre le numéro de châssis dans un premier temps et vérifier son origine auprès d’un concessionnaire de la marque en question. Prenez votre temps, vérifiez les points présentés dans ce dossier. Si le vendeur n’a rien à se reprocher, il vous laissera le temps nécessaire. Dans le cas contraire, c’est louche. Énumérez la ou les réparations à effectuer et négociez le prix. Une fois la vente conclue, n’oubliez pas de remplir les papiers en vigueur.
  • Quelle paperasse à ne pas oublier ?
    Pour les cross, exigez la facture d’achat. Si le vendeur n’est pas capable de vous la fournir, surtout pour une première main, méfiance. Dans tous les cas, rédigez sur une feuille blanche quelconque une facture d’achat. Ce document mentionne le nom du vendeur, le nom de l’acheteur, la marque de la moto, le type, la cylindrée, l’année, son ou ses numéros de série, la date de la vente et le montant. N’oubliez pas également de demander la pièce d’identité pour vérifier ses déclarations. Pour les Enduros, ce sont des véhicules immatriculés. Le vendeur devra avoir en sa possession un certificat de session à remplir par les deux parties ainsi qu’un certificat de non-gage. Vérifiez que le vendeur vous a bien remis la carte grise avec un coin coupé et la mention “vendu le …“ Avec sa signature. Ensuite vous devez faire une demande d’immatriculation traditionnelle à la préfecture.
  • Et c’est tout ?
    Vous n’êtes pas sans savoir que depuis 2009, tout engin motorisé non homologué doit être déclaré à la préfecture. Cette obligation concerne donc les cross ainsi que les trials non homologuées. Outre l’aspect règlementaire, cette déclaration vous permettra de recevoir un numéro d’identification unique gravé sur une petite plaque à fixer sur l’avant ou l’arrière de la moto. Vous pourrez donc faire homologuer votre moto chez certains assureurs contre le vol notamment à votre domicile et dans votre camion. Il est possible de faire cette déclaration directement sur www.mon.service-public.fr ou par voie postale en téléchargeant le formulaire Cerfa sur le même site web.

Les points à vérifier :
Prenez votre temps devant la moto pour faire le tour et inspectez chaque partie détaillée ci-dessous. Ne vous emballez pas à la première visite. Gardez en tête le coût des pièces détachées et négociez le prix si besoin.

  • Cadre :
    Avec la nouvelle génération de cadre en alu sur les Japonaises, il est assez difficile de déterminer la vétusté. Avec un coup d’acide, il est en effet aisé de rendre son éclat d’origine. Néanmoins, vérifiez les cordons de soudure afin de déceler d’éventuelles fêlures. Un cadre grossièrement poncé ou un dessous écrasé témoignent d’une moto qui a souffert.
  • Amortisseur :
    Vérifiez la tige de l’amortisseur. Si elle est marquée, il faudra la changer et c’est assez onéreux. De même pour d’éventuelles fuites au niveau du corps de l’amortisseur. Les biellettes sont également un point critique à checker. Elles témoignent de l’état général de la moto et de son entretien. Mettez la moto sur un repose-pied et soulevez la roue arrière. S’il y a un jeu trop important, les biellettes sont fatiguées. Appuyez sur la selle pour faire fonctionner l’amortisseur. Si ça coince, les roulements sont à changer.
  • Fourche :
    Les joints spi sont assez fragiles si la moto n’est pas entretenue sérieusement. Actionnez la fourche plusieurs fois et vérifiez si de l’huile ne bave pas sur les tubes. Si c’est le cas, prenez en compte ce remplacement dans la négociation du prix. Profitez-en également pour inspecter l’état du chrome sur les tubes de fourche et notamment sur les cross. Les contacts sont courants et une marque nécessite un remplacement onéreux.
  • Direction :
    Tournez le guidon plusieurs fois et sentez si les roulements accrochent ou non. Un mauvais graissage peut engendrer un remplacement. De même, vérifiez le jeu de la colonne de direction en actionnant d’avant en arrière les tubes de fourche. Placez un doigt au niveau de la jointure des tés inférieurs et du cadre. Il ne doit pas avoir de jeu.
  • Transmission :
    Vérifiez l’état de la couronne et du pignon. Des dents aiguisées et courbées dans le sens de rotation traduisent un changement imminent. De même, pour la chaine, si elle a beaucoup de jeu latéral et des pignons usés, prévoyez son remplacement. Pour l’embrayage, essayez de démarrer en 3e rapport avec pied sur le frein. Si le moteur s’emballe, vous pouvez changer l’embrayage. Idem à l’arrêt. Si le levier n’a plus de garde, vous êtes bon pour changer les disques voir la cloche. Actionnez également le levier gauche, moteur démarré, si vous percevez un son rauque avec vibration, passez votre chemin.
  • Moteur :
    Exigez obligatoirement de démarrer le moteur et si possible de passer toutes les vitesses. Un cognement sourd dans le bas moteur traduit une bielle fatiguée. Sur les 4-temps, la résistance à la compression doit être franche. Pareil sur les 2-temps mais c’est moins prononcé. Aucune trace d’huile ne doit apparaitre aux divers joints et aucune fumée ne doit sortir de l’échappement. Dans le cas contraire, vous être bon pour tout démonter. Sur les deux temps, un bruit de ferraille et c’est un changement de piston en prévision. Si la moto continue à fumer après avoir été dégorgée, c’est soir un spi moteur à changer.
  • Démarrage :
    C’est le point essentiel qui traduit la bonne santé de la moto. Un moteur doit se démarrer facilement, aux premiers coups de kick et avoir un bon ralenti. Si ce n’est pas le cas et que vous vous êtes ruiné la cheville à essayer de la démarrer, vous pouvez plier les gaules. C’est une assurance à soucis pour l’avenir, car les soupapes sont fatiguées. Vous pouvez également inspecter la visserie. Des boulons massacrés ou des vis adaptables, vous n’avez pas à faire au roi de la clé de 8 respectueux de la mécanique.
  • Roues :
    Inspectez visuellement les jantes et les moyeux afin de déceler d’éventuelles fissures ou déformations. Faites tourner les roues pour détecter d’hypothétiques voiles (déformations latérales), sauts (déformation radiale) ou impacts. Les jantes peuvent également se fêler au niveau des têtes de rayons. Enfin, secouez la roue latéralement pour vérifier la santé des roulements.
  • Échappement :
    Avec les normes anti-bruits, pensez à vérifier la sonorité du silencieux. Si le bruit est anormalement élevé, notamment sur les 4-temps, vous êtes bons pour un changement de laine de roche surtout si vous souhaitez faire de la compétition (mais c’est valable dans tous les cas !). Sur les 2-temps, vérifiez que l’échappement ne touche pas le cadre, le moteur ou un radiateur. Trop rouillé ou trop cabossé, voilà encore un facteur à prendre en compte dans la négociation.
  • Filtre à air :
    Jetez un œil au filtre et à la boite à air vous donne une bonne indication sur la rigueur de l’entretien. Si le filtre est mal préparé et/ou le manchon en caoutchouc est sale (n’hésitez pas à le démonter et passer votre doit dedans), vous pouvez être certains que les soupapes ont pris un coup.
  • Freins :
    Testez les freins pour vérifier leur bon fonctionnement. Les plaquettes ne doivent pas frotter en permanence, mais juste effleurer le disque. Dans le cas contraire, l’étrier de frein est grippé. Un disque de frein voilé peut se redresser. En revanche, s’il est fissuré, creusé, il est bon pour la poubelle. Un disque sombre traduit une surchauffe qui a surement endommagé les coupelles.
  • Refroidissement :
    Les radiateurs sont très exposés aux chocs. Ils peuvent être pliés, endommagés, percés et ne plus remplir leur rôle. Inspectez toute trace de liquide de refroidissement à l’arrêt et une fois que la moto a tourné.
  • Commandes :
    Des leviers tordus, des poignées arrachées témoignent d’une attention plus que légère et vous donne le son de cloche pour la suite de la moto. Des jeux importants aux cale-pieds, sélecteurs et pédales de frein traduisent également une moto qui a vécu. Si le vendeur vous certifie qu’elle n’a que 50 heures, passez votre chemin.

Par Mathias Brunner et Jordan Labbé

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