Teillet : « En osmose à Romagné »



Deux semaines après sa violente chute de Romagné qui fit peur à tout le monde, Valentin Teillet s’est imposé dans la manche MX2 à Lacapelle-Marival. Une fois de plus, le Vendéen du team Bud Racing a bluffé son monde en récupérant au plus vite d’un terrible crash qui a donné des frissons dans le dos de tous les observateurs. On revient avec lui sur cette chute et ce retour tonitruant…

Valentin, tu nous as bluffé en revenant si vite, alors qu’il y a deux semaines à cette heure-ci, tout le monde était très inquiet pour toi. Et, non seulement tu reviens, mais en plus tu gagnes !
« Je ne sais pas si j’ai bluffé du monde, mais en tout cas je me suis bluffé moi-même car c’est vrai qu’au lendemain de Romagné, après cette chute, je ne savais pas trop quand j’allais pouvoir remonter sur la moto. Etre ici était déjà une « récompense » pour moi, mais de là à doubler mes équipiers et gagner la manche avec quelques secondes d’avance, alors que j’étais troisième au départ… C’était cool et j’étais vraiment content, même si j’ai souffert de mon épaule gauche. En plus du traumatisme crânien, c’est l’épaule qui a le plus pris dans la chute. Je ne vous cache pas qu’on ne s’en remet pas comme ça… En super finale, ce fut un peu plus compliqué, je ne suis pas très bien parti mais je me suis battu jusqu’au bout et j’ai serré les dents, car l’Elite est quand même un championnat qui me tient à cœur. C’est aussi pour ça que j’ai voulu venir à Lacapelle, même si je n’étais pas à 100%. C’était mon propre choix. Et honnêtement, je ne le regrette pas, même si j’ai souffert. »

Tu avais pu rouler un peu avant de venir ici ?
« Oui, un peu, mais rien à voir avec le niveau qu’il y avait en course. Disons que j’avais roulé pour rouler. »

Ce n’est pas la première fois que tu as malheureusement un gros crash et tu nous surprends toujours en revenant vite et fort, on se demande de quelle matière tu es fait ?
« Des gros crashs, je n’en ai pas beaucoup eu dans ma vie, il y a eu la Bulgarie en 2010 et Romagné. Il y en a qui disent « ouais tu tombes, tu es au-dessus de tes limites » mais ces gens-là se trompent complètement. À Romagné, je n’ai pas fait une erreur de la manche. Ce qui s’est passé à Romagné, c’est qu’il y avait une grosse pierre en haut de l’appel du saut, il commençait à faire sombre et je ne l’ai pas vue. C’est un sport à risques, on le sait, j’ai eu beaucoup de chance ce jour-là et c’est vrai que ce n’est pas facile pour moi car après une grosse chute, on se remet en question, on commence à douter car on est humain. Mais voilà, c’est un sport que j’adore et si le dimanche soir dans l’ambulance, j’ai pu penser arrêter la moto, je n’avais qu’une hâte lundi matin, c’est précisément de remonter sur ma moto ! On change vite d’avis, je le disais, c’est un sport que j’adore et qui me procure beaucoup de plaisir et c’est pour ça que je continue. J’ai fait beaucoup d’efforts et de sacrifices pour y arriver, et je ne peux pas m’arrêter comme ça. »

Ce qui est d’autant plus dommage c’est qu’à Romagné tu étais revenu à ton meilleur niveau. Tu semblais en osmose avec ta moto, ce qui n’était pas forcément le cas lors des deux premiers GP au Qatar et en Thaïlande ?
« À Romagné, je roulais, disons comme je dois rouler, parce qu’après l’entraînement physique que j’ai fait cet hiver avec Jacky, je n’avais pas roulé comme j’aurais du avant Romagné. On avait bien travaillé sur les suspensions, je me sentais bien et avec ma 250 j’étais très rapide en piste, avec Aubin et Pourcel. Honnêtement, je n’aurais jamais cru que je serais tombé ce jour-là. Tout allait bien, j’étais en osmose avec la piste et ma moto, je revenais sur Aubin et Pourcel… Maintenant, comme je le disais, c’est un sport à risque, tout peut basculer d’un instant à l’autre et ça il n’y a que les vrais connaisseurs qui s’en rendent compte."

Propos recueillis pas PH

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