Une moto électrique au SX de Paris !



Les organisateurs de la grande classique parisienne du Supercross et la Fédération Française de Motocyclisme (FFM) et ont estimé que l’heure était venue de tester la compétitivité d’une moto électrique en compétition et d’éclairer par là-même l’important débat en cours, à ce sujet, au sein des instances internationales… C’est là tout l’intérêt et l’enjeu de cette première mondiale qui verra une Alta derrière la grille du SX2 au milieu d’une meute de “thermiques” !

“On a pu voir ce qu’une Alta –clairement la moto électrique la plus aboutie à ce jour pour le cross- était capable de faire lors de la Red Bull Straight Rhythm il y a tout juste un an”, explique Xavier Audouard, directeur sportif du Supercross de Paris. “Josh Hill avait alors remporté deux duels sur trois face à Kyle Cunningham au guidon d’une 250F. On avait alors pu constater que leurs motos respectives étaient très équivalentes mais c’était en ligne droite or, sur un terrain de cross, on trouve des virages de toutes sortes ! Si la puissance “linéaire” de l’Alta peut être un avantage, notamment au départ, son poids est sensiblement plus important que celui d’une 250 4-temps. Et dans les phases de freinage/virage, le poids est justement l’ennemi du crossman ! Reste à voir comment cette théorie s’applique –ou pas- en conditions de course de haut niveau. ”

Questions d’équivalences

“Eric Péronnard, notre correspondant en Amérique, est l’organisateur de cette “Red Bull” et aussi conseiller d’Alta, c’est de là que le projet est né. Une Alta au départ d’un Supercross est évidemment la suite logique, encore fallait-il qu’une instance fédérale soit prête à l’incorporer à une course officielle. Du côté américain on en parle sérieusement mais l’AMA est très soucieuse des questions d’équivalence depuis la controverse 2T/4T d’il y a près de vingt ans et, par ailleurs, elle est très liée aux constructeurs traditionnels qui, dépourvus de projets “électriques”, n’ont aucun intérêt à brusquer les choses”.

 

FFM pionnière en la matière

“Tel n’est pas le cas de la Fédération Française qui s’intéresse de près, depuis des années, à la moto électrique. Une E-Motion électrique a d’ailleurs remporté le championnat de France de trial S2 en 2016 face aux machines thermiques traditionnelles. Le SX est une autre affaire mais Vincent Chaumet-Riffaud, directeur des Sports et Réglementations, a confirmé l’accord officiel de la FFM pour aligner l’ Alta à Paris (hors classement bien sûr) dans le cadre du championnat de France officiel SX2, disputé en 250 4-Temps. C’est une grande nouvelle ! Le monde entier aura les yeux sur cette course et en tirera des enseignements précieux sur le plan sportif. Les motos électriques ont-elles vocation à faire l’objet d’une catégorie à part au niveau professionnel ? Sont-elles d’ores-et-déjà compétitives ? On en saura forcément plus après Paris (et Genève, quelques semaines plus tard)”.

 

Dans l’air du temps

“Dans notre esprit –et dans celui de la FFM- la moto de cross électrique se positionne en complément des motos actuelles, elle peut permettre d’étendre la pratique de notre sport à des zones plus urbaines et contribuer à préserver les terrains actuels. Personne n’a envie qu’elle remplace la moto thermique ! Mais la marginaliser alors même que ses caractéristiques “zéro émissions” sont dans l’air du temps n’aurait pas de sens. On n’imagine pas un GP de F1 dans Paris mais il y a bien, depuis deux ans, un GP de Formule E électrique autour des Invalides, qui touche le grand public. Pour notre part nous sommes déjà au coeur du quartier des affaires à la U Arena de La Défense, une enceinte résolument “high tech”. Y faire concourir une moto électrique en première mondiale est cohérent à la fois avec la modernité des lieux et l’histoire de notre épreuve, faite d’innovation et de coups d’éclat. C’est un plus, tant pour notre public connaisseur que pour ceux qui découvriront le SX”.

A propos d’Alta

Alta est un constructeur californien, basé à Brisbane, en Californie.

Ses fondateurs sont trois ingénieurs / designers au profil-type des entrepreneurs de la Silicon Valley : jeunes, visionnaires et ambitieux.

Ils sont aussi passionnés de moto et se sont entourés de personnages-clé pour le développement de leur machine motocross comme Dave Arnold, manager historique du team le plus mythique de l’histoire du Motocross, American Honda – HRC. Dave accompagnera évidemment l’Alta à Paris.

L’Alta Redshift a été conçue pour être compétitive par rapport aux motos thermiques 250cc 4-temps. Elle développe une puissance comparable à celles-ci (40ch) mais avec la totalité du couple disponible dès l’ouverture de la poignée de gaz. Son poids (120kg) est en revanche 20% plus important que celui d’une “250F”.

La batterie, d’une capacité de 5,8kW/h, permet à un pilote “moyen” d’évoluer pendant 45mn à 1h30mn sur un circuit “standard”. Elle se recharge en 2h30mn sur une prise secteur et sa durée de vie est annoncée à 1000h. L’Alta, qui reste produite en petite série et jusqu’ici uniquement pour le marché américain, y coûte $15 000 soit 60% de plus qu’une moto conventionnelle. Contrairement à une moto thermique elle ne demande aucun entretien de filtre à air ni aucune vidange moteur.

Pour la course de Paris, l’Alta sera pilotée soit par Darryn DURHAM, soit par Josh HILL.

 

 

 

 

 

 

 

 

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