MXGP, le challenge de Herlings



Contraint et forcé de quitter une catégorie MX2 qu’il dominait depuis cinq saisons, Jeffrey Herlings n’a pas perdu de temps pour se lancer dans son nouveau challenge. Après s’être aligné en 450 au départ du dernier Motocross des Nations puis du SMX et enfin de la Red Bull Knock Out, le Néerlandais est parti limer les pistes Californiennes pour préparer son entrée ‘chez les grands’.
 

Il a eu du mal à s’y faire, mais la pilule est passée ! Quand la FIM l’a officiellement informé qu’il ne pourrait briguer un 4ème titre en MX2, quand bien même il n’avait pas atteint la barre des 23 ans, Jeffrey n’était pas franchement heureux. Mais quelques mois plus tard tout cela est bel et bien oublié et le voici enfin qui se prépare à monter en MXGP.
 
Un exemple à suivre
Alors que le coup d’envoi de la saison 2017 sera donné dans 74 jours à Losail, Jeffrey ne perd pas de temps pour préparer son entrée dans la catégorie reine. Il faut dire qu’il sera attendu et suivi de près, dans la mesure ou deux de ses anciens rivaux ont d’entrée de jeu décroché le titre mondial dès leur passage en 450. On imagine aisément qu’au plus profond de lui, connaissant le tempérament de compétiteur qui l’anime, Jeffrey ambitionne de faire aussi bien que Romain Febvre ou Tim Gajser, qu’il battait à la régulière en MX2. Le Français et le Slovène ont passé la barre haut et devraient être ses plus coriaces rivaux, et tout fan qui se respecte attend avec impatience cette première manche dont le coup d’envoi sera donné le samedi 25 dans la nuit Qatari. Jeffrey sera-t-il sacré dès sa première année dans la catégorie, comme Romain et Tim? Fera-t-il aussi fort que Tim, qui avait signé le doublé dès son premier MXGP au Qatar ? Autre GP que Jeffrey abordera sans aucun doute avec une forte pression, son ‘home GP’ de Valkenswaard ou il reste invaincu depuis son premier succès là bas en 2010.
 
Deux structures distinctes
Si jusqu’alors les pilotes MXGP ont toujours évolué dans la structure De Carli, il n’en sera rien pour Jeffrey qui partagera l’auvent du team MX2 avec Pauls Jonass et Jorge Prado. On ne le retrouvera donc pas aux côtés d’Antonio Cairoli et Glen Coldenhoff, sans que cela ne soit une réelle surprise dans la mesure ou faire cohabiter deux stars sous un même auvent est toujours compliqué. 2017 sera-t-elle l’année de la passation de pouvoir chez KTM ? Même s’il n’est plus champion du Monde depuis maintenant deux saisons, Antonio Cairoli reste le leader historique de la firme Autrichienne, lui qui a apporté pas moins de cinq titres à KTM dans cette catégorie reine. Antonio peut il briguer à 31 ans un neuvième titre mondial ? La question reste posée, l’Italien ayant longtemps été cette saison en position d’attente derrière le duo Gajser-Febvre alors que sa préparation hivernale et son début de saison avaient été perturbés par une blessure.
 
Des statistiques historiques
Jeffrey n’a jamais caché que l’un de ses gros objectifs était de battre tous les records, à commencer par celui des 101 succès de Stefan Everts. Il quitte la catégorie MX2 en ayant pulvérisé toutes les statistiques existantes dans cette classe, et avec ses 61 succès il explose le précédent record qui appartenait au regretté Gaston Rahier qui avait accroché 29 victoires à une époque ou il y avait certes moins de GP au calendrier (on est passé de 12 à 18) mais ou il n’y avait pas de limite d’âge. Jeffrey a d’ailleurs un ratio de succès particulièrement élevé, puisqu’il a remporté très exactement 61% des GP et 60% des manches dont il a pris le départ ! Le GP de Glen Helen était son 100ème et dernier GP dans une catégorie ou il sera très difficile de faire mieux, d’autant que dans les prétendants au titre 2017 il n’y a qu’un seul et unique pilote qui a déjà remporté un GP : Thomas Covington. En quittant enfin le MX2, Jeffrey donne un double attrait aux championnats 2017 : qui prendra sa place dans cette catégorie, et que fera-t-il en MXGP ? Interrogé entre les deux derniers GP de la saison, Jeffrey avait été on ne peut plus lucide. « Il ne faudra surtout pas se blesser, ce que je n’ai pu éviter ces trois dernières saisons ! J’ai pu jouer le titre en 2014 et être titré en 2012 et en 2016 bien qu’ayant raté plusieurs GP, mais en MXGP je sais que ce n’est pas possible. L’un de mes objectifs est donc de disputer toutes les épreuves, » analysait celui dont la dernière saison complète remonte à 2012 ! Pour le reste, entendez le maniement d’une 450, on n’est pas inquiet. A Maggiora, au SMX comme sur la plage de Scheveningen, il a montré qu’il avait parfaitement assimilé le pilotage de cette machine. Et on n’oublie pas qu’en 2011, alors qu’il n’avait que 16 ans, il s’était offert le podium de la catégorie Open au guidon d'une 350 au MX des Nations ! PH

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