Herlings : « Le team France est favori »



A quelques jours du MXDN, Jeffrey Herlings est un homme occupé. Tout juste sorti d’une belle campagne MXGP et en plein testing pour 2018, le leader du team Pays-Bas a tout de même pris le temps de répondre à nos questions.

 

Tu as certainement raconté ta saison à beaucoup de journalistes ces derniers jours, mais si tu devais la résumer en un seul mot ?

Ça commence par une question difficile ! (il réfléchit…) Je dirais « heureux ». Pourquoi ? Parce que vu d’où je reviens, après mon début de saison difficile, je suis très heureux de la façon dont se termine ce championnat.

 

Tu aurais pu dire fier ?

Non, pas fier parce que je n’ai pas remporté le championnat. Mais heureux d’avoir commencé au plus bas et d’avoir réussi a en faire quelque chose de bien.

 

Tu l’as dit en début de saison, tu as été surpris par le niveau du MXGP mais tu as su prendre le rythme et retrouver une « routine » de victoire…

Oui. Dès que j’ai commencé a gagner des courses, cela ma redonné confiance. J’en ai gagné beaucoup en fin de saison, et j’en aurai surement gagné une de plus en Suède. Je viens pour gagner, je veux gagner !

 

On peut imaginer que ta préparation pour 2018 sera assez différente de celle pour 2017 ?

Oui, tout va changer. L’année dernière, j’ai enchaîné beaucoup de compétitions après la saison. Le MXDN, la SMX Cup, la Red Bull Knock Out… Je n’ai pas vraiment eu le temps de me reposer. Cette année, après les Nations, nous allons faire un peu de testing et recharger les batterie pour reprendre la préparation mi-novembre. Pour l’heure, nous avons fait quelques jours de testing et maintenant je suis concentré sur les Nations.

 

On se demande bien ce que vous pouvez « tester » à cette période de l’année ?

En fait, nous allons avoir une nouvelle moto l’année prochaine…

 

C’est un scoop ?

Je ne sais pas !

 

Personne ne l’a encore vu cette moto !

Oui, moi je l’ai vu (rires) Je ne peux pas vous dire à quoi elle ressemble mais elle ressemble à une KTM ! En fait, comme nous allons avoir une nouvelle moto, il est important de l’essayer pendant que l’on est en pleine forme. Si on commence le testing après 6 semaines de repos, on ne sera pas à 100% de notre vitesse, de notre physique et les informations récoltés ne seront pas les bonnes. Voilà pourquoi je veux faire le développement maintenant.

 

Prochaine étape, le MXDN. Comment le sens-tu ?

J’ai confiance en notre équipe. Nous n’avons pas la meilleure équipe sur le papier, mais personne ne l’a vraiment finalement. France, USA, Belgique, tous les teams ont du faire face à des difficultés. Si nous avons un peu de chance, on sera sur le podium. Si nous avons beaucoup de chance, alors nous pourrons gagner ! Mais être sur le podium sera déjà un bel objectif.

 

La piste ne sera pas vraiment à l’avantage des Hollandais, plutôt meilleurs dans le sable d’habitude.

C’est certain. C’est probablement l’un des pires circuits pour nous ! Bon, pas tant que ça finalement car nous roulons en GP depuis plusieurs années et nous connaissons cette piste, mais c’est certain que si nous pouvions choisir un circuit pour les Nations, cela ne serait pas celui-là. J’aurais préféré Lierop, Lommel ou Assen. Personnellement, j’aime Matterley et je pense que je peux bien rouler.

Tu pries pour qu’il fasse beau ou pour qu’il pleuve ?

Je m’en fiche un peu. Même si avant j’étais nul dans la boue, j’ai déjà montré que j’avais progressé avec ma 2e place en Russie. Pour le spectacle c’est quand même mieux si le temps se maintient.

 

Un petit mot sur le team France, dans lequel tu retrouveras tes adversaires habituels (Febvre-Paulin), mais aussi un vieux rival (Charlier) !

Alors celle-là, je ne l’avais pas vu venir ! (rires) Charlier roule en enduro depuis le début de l’année, il a beaucoup d’expérience, mais j’ai été surpris de ce choix car il est assez costaud pour une 250. Il a prouvé par le passé qu’il savait rouler en 250 puisqu’il m’a battu en championnat d’Europe il y a quelques années mais, non, je ne m’y attendais pas. Avec Febvre et Paulin qui sont des valeurs solides, Charlier devra faire une bonne manche pour que le team remporte la victoire. C’est jouable, je pense que les français sont favoris, mais tout peut arriver !

 

Quel est ton objectif personnel pour cette course ?

Bien sûr, je veux gagner en individuel, mais je ne peux pas venir et faire ma course. Je dois penser « équipe ». Je ferais le maximum pour le groupe mais mes coéquipiers peuvent se louper, je peux me louper, tout le monde peut tomber… Il peut se passer tellement de choses ! Tout ce que je souhaite, c’est de pouvoir faire ce que je sais faire et si tout se passe comme prévu, nous serons en bagarre pour le podium ou la victoire.

 

Il va falloir se méfier des Américains aussi. Pour eux, tu auras une cible dessinée dans le dos !

(rires) Oui, mais je pense qu’ils n’ont pas la meilleure équipe possible. Entre ceux qui ne veulent pas venir comme Eli Tomac et ceux qui ont pris leur retraite (Dungey, Canard…), cela ne va pas être facile pour eux non plus mais on ne peut pas les oublier. Ils se battront jusqu’au bout.

 

Interview Jordan Labbé, photos Ray Archer

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