Covington : « Je n’y croyais pas ! »



Vainqueur de la dernière manche disputée en Suède ce week-end, auteur de 9 podiums de manche en GP cette année dont 2 victoires, Thomas Covington a été appelé pour faire partie du team USA pour le MXDN 2017. Un rêve qui se réalise pour ce jeune américain expatrié en Europe, qui ne cesse de progresser.

16/1 sur ce GP de Suède, tu es satisfait de ton week-end ?

Cela a été un GP difficile pour moi mais je suis content de la tournure que cela a pris. Après une chute en manche qualificative, je n’avais pas une bonne place sur la grille. En première manche, j’ai pris un bon départ mais un autre pilote est tombé devant moi et il a fallu remonter. En seconde manche, on a fait quelques changements et cela a payé. J’ai passé la première moitié de la course à me battre dans le top 3 et j’ai vu que j’avais une bonne vitesse par rapport aux autres pilotes. J’ai pris la seconde place à 5 tours de l’arrivée et j’ai doublé Seewer juste avant l’arrivée ! Maintenant, nous partons vers le GP des USA et je suis content de rouler dans mon pays.

Tu as été sélectionné pour participer au MXDN dans le team USA. Ça sonne bien non ?

Oui, c’est clair ! Je ne m’y attendais vraiment pas, c’est incroyable. Je suis tellement content d’avoir cette opportunité. Quand j’ai entendu qu’Eli Tomac n’y allait pas, et que d’autres pilotes s’étaient blessé, j’ai cru que j’aurais peut-être une chance. J’ai envoyé un Email à Roger De Coster pour savoir si il pensait à moi pour l’équipe ou pas. On s’est entendu rapidement et quelques jours plus tard, il m’a envoyé un Email pour me dire que j’étais pris. C’est incroyable.

 

Juste avant d’envoyer cet Email, tu avais avais déjà une idée en tête ou tu as été complétement surpris de voir sa réponse ?

Roger a été très positif dès notre premier échange et il m’a demandé deux ou trois autres trucs, à propos de mon entraînement par exemple. Je savais que cela partait bien mais au fond de moi, je me demandais : va-t-il vraiment me donner une chance ? »

 

Tu as certainement dit à Roger que tu étais prêt pour rouler en 450 et que tu pouvais prendre de bons départs. Cela a pesé dans la balance ?

Oui, je lui ai dit que Matterley était l’une de mes pistes préférées et que j’étais vraiment excité d’y rouler chaque année. J’ai également de l’expérience avec les nouvelles grilles de départ en métal et mes départs sont généralement assez bons. J’ai parlé à Roger de mon expérience des GP, de mes départs et de mon envie de rouler en 450, même si j’aurais accepté de rouler dans n’importe quelle catégorie. Avec la 450, je pense que je peux prendre de bons départs vu que je serais probablement le plus petit gabarit derrière la grille. Je pense que je peux partir devant et tenir le coup.

 

Qu’a pensé Jacky Martens, ton team manager, de cette démarche ? On imagine que d’un point de vue logistique, c’était plus facile pour toi d’avoir une bonne moto et de te faire rouler à Matterley.

Oui, pour moi, cela sera comme un autre week-end de course. J’ai informé Jacky quelques jours avant de parler à Roger. La veille d’avoir la réponse positive de Roger, Jacky me demandait quand je voulais commencer à m’entraîner en 450. Je lui ai répondu : « Pourquoi ? Je n’ai pas l’intention de rouler en 450 ? ». Il m’a dit « OK, désolé, j’ai du faire une erreur ». Et le lendemain, quand je suis arrivé au team, tout le monde était au courant et déjà en train de travailler sur ma 450 pour le MXDN. C’était assez marrant.

 

Je parlais avec Jeff Ward (6 victoires aux Nations avec le team USA) il y a quelques jours et il me disait qu’en Suède, à Vimmerby en 1990, il avait terminé second en 500cc derrière Jacky Martens. Il a dit : «  Ce mec roulait assis sur toute la longueur du circuit, mais il était rapide et il m’a battu ! »

Ouais ! En fait, Jeff m’a appelé quelques minutes avant toi et il m’a parlé de ça ! J’ai tellement rigolé ! Jacky est un « Big Guy » et j’essaie toujours de m’imaginer à quoi il pouvait ressembler quand il roulait. Il devait avoir un style « Goofy » mais il a fait le job !

 

Tu as reçu beaucoup d’appels depuis ta sélection ?

Oui, c’était génial d’avoir un coup de fil de Jeff Ward, c’est le meilleur pilote américain aux Nations ! J’ai eu des messages de quasiment tout le monde, même des gens que je n’avais pas vu depuis très longtemps. Je n’ai jamais su si un jour j’aurais la chance de rouler pour le team USA, peu de pilotes ont eu cette occasion. Faire partie de cette liste est un honneur.

 

Que penses-tu de l’équipe que vous formez avec Cole Seely et Zach Osborne ?

J’ai un bon feeling avec l’équipe. Ce n’est pas le team que tout le monde attendait au début de l’année, à part pour Osborne. Je pense que les trois mecs qui iront là-bas ont vraiment, vraiment envie d’être là. On va y mettre tout notre cœur et on va se battre jusqu’au dernier tour. Je pense que parfois, c’est plus important d’avoir des pilotes qui ont envie que d’avoir les pilotes les plus rapides.

 

Cette équipe américaine 2017 rappelle celle de 1992 en Australie. Cette année là, Stanton, Bradshaw et Kiedrowski avaient tous annoncé qu’ils ne participeraient pas aux Nations. C’était tellement choquant pour les USA qu’ils ont failli ne pas envoyer d’équipe mais finalement, on est allé cherché Larroco et Emig, qui étaient tous les deux en 125 et on a demandé à Billy Liles, qui roulait en GP 500 d’y aller. Le team USA a gagné. Une belle histoire non ?

Oui, c’est vrai ! Je me demandais à quand remontait la dernière fois qu’une pilote américain qui roule en GP avait été sélectionné. Je savais que cela faisait très longtemps !

Interview Eric Johnson, adaptation Jordan Labbé

 

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