Claude Masini : « On sera déficitaire »



Villars-sous-Écot a été le théâtre de la finale du championnat du monde. Après des mois de préparations, le club n’a pas forcément été récompensé de tous ses efforts avec une météo capricieuse. Pas de quoi décourager Claude Masini, le président, qui espère poursuivre l’aventure, sous certaines conditions néanmoins…

 

Claude après quelques jours, comment perçois-tu ce GP de Villars-Sous-Écot ?

« Pour nous en tant qu’organisateur, on est satisfait et déçu à la fois. Satisfait, car il n’y a pas eu d’incident, au niveau des spectateurs, des teams, des accompagnateurs et des pilotes. On a mis des choses en place pour améliorer le site par rapport à 2015 et on est content de voir que cela a fonctionné. On n’a eu aucune remarque sur l’accueil des pilotes et des teams. On est en revanche déçu au niveau de l’affluence des spectateurs comme c’était redouté avec la météo. On sera déficitaire, c’est certain. On savait qu’on prenait un risque, car sur des épreuves de ce calibre, on joue la vie du club parfois. La date est prise un an à l’avance et on n’est pas maître de la météo. Maintenant, il ne faut pas se décourager pour ça, on a vécu un beau week-end tout de même avec la victoire d’Anthony Bourdon, le courage de Livia Lancelot et la façon dont a roulé Romain Febvre.

Ce déficit peut-il compromettre les futures organisations d’épreuves internationales ?

« Au niveau des équipements et des installations sur le site, Villars a tout ce qu’il faut pour être au haut niveau. On a besoin d’une très bonne équipe, motivée et nous l’avons donc pour ces paramètres, je ne me fais pas de soucis. Du point de vue financier, c’est clair que l’on va perdre de l’argent, mais l’important est que les élus, les partenaires aient passé un bon week-end et qu’ils aient constaté l’impact économique d’une telle épreuve sur le territoire. Là où je me fais plus de soucis, c’est qu’organiser un Grand-Prix nécessite d’avoir des compétences professionnelles pour s’en sortir. Il faut que l’on évolue à ce niveau-là. On est au bout ce que l’on peut faire avec le club composé uniquement de bénévoles. Repartir sur un mondial est impossible avec l’équipe actuelle notamment en ce qui concerne les aspects administratifs. On a désormais besoin de ressources humaines professionnelles pour continuer et que tout le monde s’y retrouve. »

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer ? La météo ou le plan Vigipirate ?

« Le plus difficile a été le dispositif pour le plan Vigipirate. Les autorités considéraient le circuit de motocross comme un stade de foot. Ça nous a coûté beaucoup d’argent par rapport à 2015. Il a fallu mettre en place des surveillances, des fouilles, des blocs de béton, une circulation spécifique afin que les véhicules ne se croisent pas, 5 km de barrières autour du site. Ça été un point très compliqué et très lourd pour le club demandé par la Préfecture. Nous avons dû payer 70 personnes d’un organisme privé en plus pour la surveillance et 40 personnes supplémentaires sur le site pour gérer le flux du public. »

La récompense de tous ces efforts aurait été une météo estivale une Marseillaise on imagine ?

« Oui c’est vrai et moi le premier. On a de très bons pilotes en France. On aurait pu avoir un titre de championne du monde, un petit vosgien qui fasse comme en 2015. En Europe, Boisramé aurait pu gagner également. On est content malgré tout que les spectateurs aient vu de belles courses. Il n’y a pas eu d’incident qui aurait pu générer une mauvaise presse donc on reste positif tout de même. »

 

Propos recueillis par Mathias Brunner 

 

 

 

6 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Dans ce cas vous avez dépenser de l’argent inutilement avec la surveillance… Car j’y étais et j’ai justement été surpris de ne pas me faire fouiller mon sac (idem pour des connaissances qui étaient sur place).
    Sinon beau GP, belle organisation donc toutes mes félicitations !

    Petit bémol concernant nos gendarmes (les officiers) qui se trouvaient plus souvent dans l’espace VIP avec de l’alcool à la main …

    Répondre
  2. Donc, comme toujours, des empaffés de politicos/fonctionnaires ont réussi à foutre le boxon avec leurs lubies procédurières et liberticides, ruinant ce qu’aurait pu être ce passionnant GP sur ce superbe circuit pendant que les muzzies continuent à s’en donner à coeur joie partout ailleurs sur le territoire. Mais putain, aux ames !

    Répondre
  3. ah cette foutue météo,et toutes les contraintes imposées…çà va devenir compliqué d’organiser.Sans oublier qu’organiser en même temps le Bol d’Or à la même date n’arrange pas les choses ;n’oubliez pas que la moto est une grande famille et que nombreux d’entre nous sont passionnés par l’ensemble de ses disciplines.

    Répondre
  4. Je « fait » pas mal de Grand-prix limitrophe Belgique, Allemagne, Italie, Pays-bas et il y a qu’en France qu’on voit ca .. Vigipirate !! c’est vraiment n’importe quoi. Félicitations a L’équipe de M Massini qui a fait du bon boulot avec cette météo de mer.. , en espèrent voir d’autres grandes épreuves sur le superbe circuit de la Versenne.

    Répondre

Ecrire un commentaire