Jean Nerva, dernier hors piste…



Pionnier du snowboard, double champion du monde, icône de l’équipementier Oxbow, enduriste de haut niveau, musicien, journaliste, Jean Nerva a parcouru dans l’excellence et la joie une vie captivante. Une vrai géant gentil nous a quitté…

Résumer Jean Nerva à une performance ou un qualificatif serait réducteur tant la palette de ses exploits et les qualités de l’homme étaient riches. Jean était un large sourire, la gentillesse incarnée, l’ouverture aux autres. Il voulait sans cesse découvrir, défricher, connaître, faire partager, prendre du plaisir et en donner… Jean s’est d’abord illustré sur un snowboard au milieu des années 80.

Jean Nerva et Antonin Lieutagui

Alors que les Bronzés font encore du ski, il déboule avec ses potes Régis Rolland ou Pierre Raisson dans le mythique film « Apocalypse snow » tourné sur les pentes de la Tarentaise d’où il est originaire. Il fait figure de pionnier sur cette planche appelée à devenir l’objet à la mode dans les stations. Jean met en scène les plus beaux hors piste sur des musiques qu’il adapte. C’est aussi un redoutable compétiteur. Il devient champion du monde de snow en 88 et 90 avant d’apparaître aux côtés de Laird Hamilton, Gary Elkerton ou Jean-Michel Bayle comme une icône de l’équipementier Oxbow qui place le « four flowers » (snow, surf, windsurf, moto) en première ligne de son développement. Jean est un touche à tout et la moto fait aussi partie de ses passions. Il aime tracer les mêmes courbes au guidon de son Husaberg que « strappé » sur une planche. Il retrouve les sensations de glisse et attaque toutes les faces de la discipline, s’engageant en championnat de France, sur des épreuves de Mondial, à la Gilles Lalay Classic ou aux ISDE. Les coudes en bas, le coup de gaz ravageur, Jean fait parler un physique de sportif de haut niveau pour franchir et glisser. Globe trotter infatigable, il aime aussi faire découvrir, transmettre sa passion. Ca le mène doucement au journalisme pour des titres de ski et snow mais également moto. Il rejoint Moto Verte où il fait partager son expertise de l’enduro à travers des balades, des essais multiples, des virées rocambolesques jusqu’en 2010.

 

Puis la maladie le touche durement, brutalement, implacablement. Il perd pied, se débat, remonte la pente, explore là encore des terrains mal connus, puise d’autres ressources pour profiter pleinement de la vie, de sa femme, de sa fille, de la vie… Il créé l’association Shades of Love, qui lui permet d’amener des lunettes de soleil aux habitants du Ladakh alors qu’il souffre d’une cécité partielle, incurable. On combat la maladie comme on peut mais on ne lutte pas avec le destin…

Amoureux du hors pistes, conquérants des espaces inexplorées, Jean a rejoint le paradis du kif intégral… pour le plus grand malheur de ceux qui l’aiment. Nos pensées vont vers sa famille, ses amis. See you Jeannot !

 

7 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Après ses quelques articles dans MV, je m’étais plusieurs fois demandé où il était passé …. avec des souhaits que justement il ne soit pas malade ….j’ai malheureusement réponse à ma question …..condoléances à sa famille directe et au sens large car il était un personnage au vrai sens du terme. Sans le connaître, mais avec la presse et les vidéos, on sentait un être humain qui profitait de la vie.

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